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01/02/2011

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Croire que "La Littérature" dépende uniquement du bon usage, ou du bel usage, de la langue, est aussi profondément stupide qu'imaginer que "Le Cinématographe" ne s'élabore qu'avec des éclairages adaptés et une caméra ayant fait ses preuves. A sacraliser la Parole ou la Forme, on se condamne à n'errer que dans des panthéons stériles. L'important, n'est pas uniquement dans ce qui et dit ou montré, mais aussi dans ce qui est tu ou caché : c'est d'ailleurs surtout dans leurs silences, leurs ellipses et leurs hors-champs, que les grands romans et les grands films parlent.

Les plus beaux souvenirs sont ceux auxquels on croit.

La Corde est à l'esprit de Nietzsche ce que Marnie est à celui de Freud, prouvant que les simplifications les plus redoutables, tendant vers le contre-sens total, n'en conduisent pas moins aux spectacles captivants.

 

Commentaires

Bien ! bien ! le chanvre porte l'onirisme comme la corde le pendu ...

Écrit par : iPidiblue le voyage intérieur | 01/02/2011

on 75.1:

Céline disait à la télé :
"Des écrivains, ne m'intéressent que les gens qui ont un style. S'ils n'ont pas de style, ils ne m'intéressent pas. Les histoires, y’en a plein la rue des histoires. J'en vois partout n'est-ce pas des histoires, plein les commissariats, plein les correctionnelles, plein votre vie, tout le monde a une histoire et mille histoires..."
Et encore :
"C’est rrr-a-rrre un style, Monsieur. Un style, y’en a un, deux, trois, par génération. Y’a des milliers d’écrivains, ce sont des pauvres cafouilleux, des aptères, n’est-ce pas, ils rampent dans les phrases, ils répètent ce que l’autre a dit, ou ils choisissent une histoire, ils prennent une bonne histoire et puis ils disent : Je vois que... et caetera... C’est pas intéressant."

on 75.3:

Je l'ai vu aussi hier soir. Merci Ludovic, ce billet est très éclairant sur les trucs plus ou moins enfantins employés par le Cher Alfred dans ce film bizarre et envoûtant, comme mettre la caméra sur un personnage et le son sur les autres qui sont hors champ.

Écrit par : tilly | 01/02/2011

Je note, iPidiblue !

Sur la Corde : bien vu, tilly.

Écrit par : Ludovic | 02/02/2011

Ludovic, à mon sens le problème n'est pas dans l'obession de la forme, mais dans sa définition trop étroite, car taire ou cacher sont encore des modalités du dire ou du montrer...

Au fond, quand l'obsession de la lettre va conter l'esprit, ce que l'obession n'est pas suffisamment poussée!

Écrit par : T.G. | 02/02/2011

Oui, c'est juste, Timothée, ce qui est stérile, c'est plutôt dans ce cas condamner ou sacraliser le "Verbe" ou l'"Image" dans un sens trop restrictif, sans prendre en compte ce qui les fait respirer et les module : leur absence.

Écrit par : Ludovic | 02/02/2011

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