27.06.2011
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Elle est là, forte sur ses deux pieds, le menton en avant, demi-sourire entendu, pas peu fière de tout ce qu'elle a vécu, et puis un refrain qui passe et la voilà qui sanglote ébranlée, rendant les armes sans autre forme de procès. Elle avance, le geste mesuré, les épaules nonchalantes, sans même s'apercevoir qu'elle fonce droit sur un souvenir, et la voilà qui sombre. Sa faiblesse est telle que la réciproque est tout aussi vraie, et que le moindre rayon de soleil prolongé, le plus petit signe d'amitié, lui font oublier sa chère souffrance.
Certains déplorent que la sexualité soit modelée par l'industrie pornographique, sans même réaliser que chacune de nos attitudes, chacun de nos assentiments comme de nos refus, sont aujourd'hui calqués sur quelques postures et quelques gestes vus au cinéma. Au sein d'une poignée de plans, à l'abri d'une ou deux séquences, et avec quelques répliques, le spectateur contemporain s'invente une vie dont il déroge à peine.
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Commentaires
Bonjour Ludovic,
peut-être faites-vous allusion dans votre second paragraphe à ce que j'écrivais il y a quelque temps (http://cafeducommerce.blogspot.com/2011/05/anthropology-le-sexe-cest-le-sexe-et.html). Je me plaçais d'un point de vue moins général que le vôtre, puisqu'il s'agissait des liens entre sexualité et politique. Quoi qu'il en soit, je suis d'accord et pas d'accord avec vous : d'accord dans le sens où le sexe n'est bien sûr pas le seul domaine où l'on soit influencé par le cinéma, d'accord aussi si vous sous-entendez qu'il n'y a pas de "spontanéité naturelle" qu'un méchant conditionnement viendrait nous enlever ; pas d'accord dans le sens où, d'une part, je ne crois pas que "chacune de nos attitudes" soit calquée sur quelque chose que l'on aurait vu à l'écran : c'est pousser trop loin la thèse ; dans le sens aussi, d'autre part, où précisément le sexe (ou l'amour dans la philosophie de Badiou) a ceci de particulier qu'il est - trop rarement, etc. - le fruit d'une rencontre, qu'il peut s'y passer quelque chose d'imprévu et d'imprévisible. De ce point de vue, il me semble légitime de regretter que les comportements sexuels de certains et certaines, trop influencés par le porno, puissent nuire à la possibilité d'apparition de cet imprévu.
Bien à vous !
Écrit par : cafeducommerce | 28.06.2011
Oui, cher Arnaud, je suis d'accord avec vous en ce qui concerne ce balancement entre l'influence et l'imprévu. Disons alors qu'à tout moment on peut sortir de la salle !
Sinon la thèse est en effet outrée car il faudrait élargir le champ calqué (toutes les scènes vues, "dans la vraie vie" comme à l'écran).
Enfin, je me demande si le cinéma pornographique n'influence pas surtout ceux qui n'ont pas de notion de grammaire cinématographique (sur le cadrage et surtout le découpage) et qui prennent cela pour argent comptant !...
Écrit par : Ludovic | 28.06.2011
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