24/05/2012
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Il n'y a pas beaucoup de cinéastes français qui résistent au plan cynique et à la séquence narquoise, au film goguenard. Je n'en vois à vrai dire que trois : Dumont, Brisseau et Carax.
Se lamenter sur l'impossibilité de suivre "réellement" une femme fière de ses centaines de followers sur Twitter, sur l'impossibilité de discuter avec la spécialiste du statut Facebook pluri-quotidien ou de regarder l'adepte des photos intimes Instagram, "pour de vrai", signifie simplement que l'on désire passer du mensonge public aux ruses privées.
Un ami poète m'envoie quelques vers d'une sombre beauté, inexplicablement décorés d'une maladroite colombe arc-en-ciel. Et si je me méprenais du tout au tout ? Si ce croquis était un chef d'oeuvre et ce poème de la rigolade ?
11:03 | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bruno dumont, leos carax, jean-claude brisseau |
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Commentaires
J'aime beaucoup le 3 (mais ne vous y montrez-vous pas vous-même "narquois" et "goguenard" ?
Écrit par : Damien (de sable) | 24/05/2012
Non, je finissais vraiment par me poser la question ! (cela dit, je suis d'autant plus admiratif de ces cinéastes qui ne cèdent jamais au cynisme que je n'y échappe pas toujours...)
Écrit par : Ludovic | 24/05/2012
Qu'avez-vous donc contre le cynisme, que ce soit au sens philosophique ou suivant son usage courant - il me semble que vous le réduisez à sa pratique médiatique ?
Le conformisme n'est-il pas son contraire (où j'en conviens, on peut se trouver bien et pas pour des raisons méprisables : la singularité du conformisme de "Jeanne Dielman", par exemple).
Brisseau, dans ses film et dans sa vie, ne heurte-t-il pas les sentiments moraux ? Carax, même lourd de références et jusqu'à un certain point, c'est entendu, ne bouscule-t-il pas les idées reçues ? Et Dumont, sous une forme hautaine et distanciée, n'oscille-t-il pas au grand dam des prudents, entre mystique et cruauté ?
N'y a-t-il vraiment rien de cynique, au sens propre et pour le meilleur, là-dedans ?
Écrit par : Mu | 24/05/2012
Vous avez sans doute raison, Mu et c'est justement ce que j'apprécie chez ces trois-là. J'entendais plutôt "cynisme" au sens de ricanement, de dandysme sans envergure, de satire au petit pied, mais peut-être le terme n'est-il pas exact.
Écrit par : Ludovic | 24/05/2012
Ce n'est pas un poème certainement mais une Cannes pour aveugle ...
Écrit par : Pierre Driout | 24/05/2012
Des vers croisés de la Croisette ?
Écrit par : Pierre Driout | 24/05/2012
Certains préfèrent les vers embrassés ...
Écrit par : Pierre Driout | 24/05/2012
Vais-je assister à une réconciliation Mu/Pierre Driout ?
Écrit par : Ludovic | 24/05/2012
En Alexandrins sans doute ...
Écrit par : Pierre Driout | 24/05/2012
Le priape Driout : juste capable d'octosyllabes d'ameublement (comme je le disais de l'homme), c'est-à-dire des lignes qui ne sont pas faites pour être lues.
Écrit par : Mu | 25/05/2012
Oui mais on a beau dire les meubles qui meublent restent confortables pour l'homme avachi même à demi-civilisé !
Écrit par : Pierre Driout | 25/05/2012
Micromu et Minimoi sont dans un fauteuil ...
Écrit par : Pierre Driout | 25/05/2012
C'est l'éclat du jouir tous les jours ici !
Écrit par : Pierre Driout | 25/05/2012
Bonjour Ludovic : je vois le nom de Jean-Claude Brisseau, cinéaste dont la carrière est peut-être brisée. Or, jamais aucun de ses films ne m'a laissé indifférent, et j'ai « frémi » (gorge nouée, hein ! boule longue à se résorber !) pendant et longtemps après « Noce blanche ». Il me semble, en effet, que le cynisme « au sens de ricanement, de dandysme sans envergure, de satire au petit pied » n'a aucune prise sur ses images. J'aimerais bien lire un développement de votre part sur Brisseau, mais peut-être l'avez-vous fait : je vais fouiller dans vos archives. Votre article, chez Causeur, sur cette pauvre créature du X était parfait. Au fond, les mutations de ce genre, sont l'exact reflet de l'évolution générale de la société. Vous devriez nous écrire quelque chose là-dessus ! À bientôt !
Écrit par : Patrick Mandon | 28/05/2012
Je suis heureux que Brisseau vous touche, Patrick, ils ne sont pas légion les individus sensibles à ses questionnements et à son audace. J'aimerais écrire, oui, quelque chose sur sa trilogie érotique et métaphysique (Choses secrètes, les Anges exterminateurs et A l'aventure) mais c'est en gestation depuis longtemps !...
(Merci pour Causeur, où j'ai toujours beaucoup de plaisir à découvrir votre hauteur de vue et votre humour)
Écrit par : Ludovic | 28/05/2012
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