20/06/2012

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Tout ou presque est faux dans Le Cuirassé Potemkine d'Eisenstein, des décors jusqu'à l'Histoire, de la maquette en lieu et place dudit cuirassé jusqu'à la fusillade sur les escaliers d'Odessa, mais le film reste bouleversant parce qu'il semble sinon vrai du moins vraisemblable, à la lisière du document historique par la profusion de ses (fausses) choses vues, balises confortant le mouvement de la révolte décrite ; à l'exact opposé de ces films à grand spectacle, revisitant l'histoire et rivalisant de prouesses numériques, qui veulent faire de l'improbable une réalité augmentée, mais dont le travail essentiel est justement d'éliminer tout détail qui pourrait entraver l'action, laquelle apparaît alors dénuée d'enjeu, donc d'émotion.

Tout ou presque est faux dans le discours d'un homme politique et cela commençant clairement à se savoir, l'obsession paritaire apparait également comme désir d'adoucissement et de fard : aucun homme ne saura jamais mentir aussi honnêtement qu'une femme.

Tout ou presque est faux dans l'idée qu'on se fait de l'autre au moment du vertige amoureux, mais tout est faux également au moment du dessillement : qu'il soit chatoyant ou violemment déchiré, le voile ne se retire jamais de cet autre puisqu'il en tient lieu.

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Commentaires

Difficile question. Encore faudrait-il envisager la question du "vrai" pour l'en distinguer du faux.
Nous préférons les leurres, car, comme ces tanks en cartons disposés par les les armées pour tromper l'ennemi, ils sont statiques et d'une simplicité toute enfantine contrairement à la vérité, mouvante dans le temps et l'espace, jamais totalement fixée. L'"autre" et sa plaine d'effondrement source d'une perpétuelle reconstruction échappe à toute définition durable. Vous restituerez, au mieux, la coupe d'un temps insécable associée à celle d'un espace aberrant. Donc, au fond, au moment de la restitution, un mensonge. La représentation "suit", elle ne peut être qu'en retard d'une coupe, d'une lame. Même, accumulant les lames, vous ne recomposeriez qu'un passé, en aucun cas un présent. La représentation est par définition fallacieuse. Elle n'a d'importance que dans l'extrapolation que permettent ses multiplications ; elles finissent par reconstituer des structures identifiables dont on sait le déroulement.
Cette stigmatisation du mensonge qui se généralise est elle-même à penser et à comparer à d'autres moments d'histoire semblables...
A bientôt, Ludovic.

Écrit par : Marie-Cécile | 20/06/2012

Oui. Tout étant représentation, peu importe ce qui est vrai, seul compte ce qui touche.

Écrit par : Ludovic | 20/06/2012

Un homme ne ment pas: il est toujours persuadé de ce qu'il dit, même quand c'est aberrant. Il détient la vérité.

Écrit par : Alice | 24/06/2012

Pas sûr, Alice. Je vois plutôt l'homme bien conscient de ses mensonges mais cherchant à les faire passer en force et à s'indigner si on le prend en faute, mais la femme plutôt persuadée de mentir à bon escient, avec raison, en gros de mentir en toute franchise et de tomber des nues quand on lui fait remarquer....

Écrit par : Ludovic | 25/06/2012

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