09/07/2012

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 En ce qui concerne les thèmes, les figures de style et les choix de mise en scène d'un film donné par rapport à l'oeuvre passée, il y a les cinéastes qui capitalisent, ceux plus rares qui dilapident et enfin les rares qui ont le sens du don. Les premiers, dans leur petit théâtre, ont les suiveurs dociles et les critiques immuables, ils ne remettent pas en cause leurs acquis et préfèrent les placements de confort. Les deuxièmes perdent des fidèles aux quatre vents de leur insouciante liberté, sans pour autant gagner la cause des détracteurs ; multipliant les points de vue et les genres, ils découvrent plus qu'ils n'assurent, créant stupéfaction ou émerveillement. Les derniers, qui enrichissent généreusement leur ligne sans jamais la renier, demeurent fidèles à une sorte de rêve qu'il ne s'agirait pas tant de transcrire que de toujours mieux étoffer, ce qui finit par toucher même ceux qui n'y croyaient pas. On peut proposer actuellement dans ces trois registres, respectivement le décevant La Part des anges de Loach (qui pourtant savait donner au temps de Ladybird ou de Sweet sixteen), le très enlevé Adieu Berthe de Bruno Podalydès (qui avait été tenté par l'embourgeoisement au temps du moins audacieux Bancs publics) et le bouleversant Holy motors de Carax (qui magnifie ses fondamentaux après avoir tenté avec le non moins poignant Pola X de les disperser).

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