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17/09/2012

MEMOIRE

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Citizen Kane d'Orson Welles, Eureka de Nicolas Roeg. On se souvient de détails infimes et on oublie cependant pourquoi on a haï, et pourquoi on a tellement aimé. Il y a cette luge, ce terrain vague, cet anniversaire où pour la première fois on emprunte seul la rue Pergolèse, puis l'ascenseur. Il y a ce piolet, cette roche ruisselante, cette femme qui encadre son visage mouillé entre des mains trop fines pour ne pas trembler. Il y a l'enfance, non pas inconsolable comme le disent les vaniteux, mais si désespérément facile à oublier, en dehors de quelques jeux et quelques drames, le seconds nourrissant toujours les premiers. Il y a la solitude, ces années d'avant les rencontres, ces moments où seul l'or compte pour supporter le monde, et cet or même, une fois le monde conquis, une fois les autres traversés de part en part, continue de hanter, par l'absurdité même de son emprise, par l'effarement d'y avoir été soumis.  On se souvient des franges de la robe mais non de ce qui avait conduit à la retirer.

10:56 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : citizen kane, orson welles, eureka, nicolas roeg | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

Commentaires

C'est un très beau texte, Ludovic, que j'apprécie d'autant mieux que j'ai découvert le film de Roeg il y a quelques mois. Et le lien avec Kane est bien dans l'oubli-ogre plutôt que dans la mémoire sélective.

Écrit par : Marie | 18/09/2012

Toujours, à lire, l'intérêt de votre cinéphilie étant qu'elle est, contrairement à d'autres, absolument imprévisible !

Écrit par : Phil | 20/09/2012

Merci à vous !

Écrit par : Ludovic | 20/09/2012

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