<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>CINEMATIQUE - intimite</title> <description>La cinéphilie est une paraphilie comme les autres.</description> <link>http://cinematique.blogspirit.com/intimite/</link> <lastBuildDate>Wed, 23 Jul 2008 20:00:55 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/07/16/premiere-personne.html</guid> <title>PREMIERE PERSONNE</title> <link>http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/07/16/premiere-personne.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Cinématique)</author>   <category>All that jazz</category>  <category>Intimité</category>  <category>Nitrate d'argent</category>   <pubDate>Wed, 16 Jul 2008 16:30:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/02/68dc88b57a83f457adb1839b562e60d1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/02/68dc88b57a83f457adb1839b562e60d1.jpg&quot; id=&quot;media-223616&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;68dc88b57a83f457adb1839b562e60d1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Je pense à vous&lt;/em&gt;, spectateurs dociles mais retors qui vous ruez du dernier Angot au prochain Ozon avec la même mine alléchée. Après ces quelques années de vaches maigres, vous m’avez enfin retrouvé, enfin reconnu : je suis le cinéma français qui sais dorénavant vous charmer. Il vous faut du Bonitzer mâtiné de Besson pour que la greffe prenne, pour que vous vous sentiez concernés, pris en compte, célébrés. Il faut vous entretenir de frigidité et de lâchetés quotidiennes, et puis aussi vous donner du plaisir cinématique, comme courir entre les buissons de roses ou sur la plage en soirée. Je pense à vous, à votre mémoire tellement facile à émousser, à vos remarques si perspicaces que nous les recensons d’avance, dans nos dossiers de presse, en italiques pour le témoignage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Pardonnez-moi&lt;/em&gt;, mais je ne suis pas le seul à si mal me souvenir du temps d’avant. Je ne connais pas Franju, mais je révère Renoir parce que son nom me rappelle quelqu’un. Je mélange Eustache et Blain, prends Sautet pour Granier-Deferre, ne sais plus si Jessua vaut Séria. Tout cela est trop loin de moi, trop 35 mm, champ/contrechamp et générique de fin. J’ai laissé sans piper mot John Woo se servir de Melville et Scorsese emprunter à Bresson, parce que je suis moderne. Lorsqu’on me parle de Gérard Oury, j’ai une pensée émue pour ce plaisantin subtil qui forgea mon enfance, avant que je ne prolonge son influence en puisant chez Verneuil puis Leconte, les meilleurs baromètres à ce jour de l’audace disponible. Non je ne suis pas le seul : en Europe aussi tout est mort. Les cadavres sont entreposés en paix sous le velours qu’arpentent bouffis de morgue et donc enthousiastes, Alomodovar, Leigh, Moretti et cet Allemand dont j’ai oublié le nom mais qui est très bien lui aussi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Il y a longtemps que je t’aime&lt;/em&gt;, public exigeant et cultivé, paradoxal et inquiet. Laisse-moi te tutoyer comme mes titres de films t’y invitent maternellement, laisse-moi te parler d’égal à égal. Je suis chacun des acteurs d’un Art pétri pour ton bonheur, et sans discontinuer. Je suis le producteur incisif comme l’acteur habité, le réalisateur déterminé comme le technicien méthodique. Je suis ce qui a remplacé. Je suis ce qui vient après. Je suis ce que je n'aurais jamais pensé devenir, même dans mes rêves les plus fous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Prête-moi ta main&lt;/em&gt; et ne perd pas ton temps devant l’incorrigible Federico qui dans son &lt;em&gt;Ginger et Fred&lt;/em&gt;, s’est imaginé combattre la tyrannie médiatique, quand ce sont justement les comiques du petit écran, ceux qui auparavant suaient à grosses gouttes d’improviser en temps réel des gags définitifs, qui prouvent désormais qu’ils sont de véritables metteurs en scène. Alain Chabat, Antoine de Caunes ou Dany Boon, parangons de sous-culture allusive et décontractée, savent placer leur caméra devant des mots d’auteurs, couper des plans d’une justesse inouïe après un pet ou une porte qui claque, mixer le son d’un rôt anonyme sur la face rougeaude d’un quidam innocent, et tu n’as encore rien vu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;J’aurais voulu être un danseur&lt;/em&gt;, mais depuis Demy, je tourne en rond parmi mes références glacées, sans le peps et l’astuce qui me donneraient vraiment des ailes. Alors j’improvise, quelques entrechats par ici, quelques vocalises là, assez pour que la fixité maladive de mes plans étudiés émeuvent ou interrogent. C’est fou, tu sais, le nombre de questions que je pose sans mégoter. J’ai fait de mes récits des galas et des interludes. Je ne m’appesantis jamais vraiment puisque je sais tout alourdir d’un sourire de connivence. Mon rythme, c'est le tien, j'aime tant que nous baguenaudions de concert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Quand j’étais chanteur&lt;/em&gt;, cela ne suffisait pas à te plaire. Il a fallu que je devienne auteur à plein-temps, que je questionne la psyché, que j’inspecte les marges. Allez, tu m’as percé à jour, tu sais bien qui je suis : le Spectacle assaini, le Show culturel permanent. Les premiers à l’avoir compris sont sans doute Jardin et Moix. Quelle aisance pour sauter de la Littérature au Cinéma (tu me pardonneras les majuscules, j’ai besoin d’assises et d’ambiance), quelle maestria pour passer les barrières retardant la boîte de nuit moussante, la groupie accroupie, le billet d’avion offert négligemment dans la poche intérieure de la veste en daim.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/01/c3596cca7b8a0e1841eef70ff1937644.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/01/c3596cca7b8a0e1841eef70ff1937644.jpg&quot; id=&quot;media-223622&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;c3596cca7b8a0e1841eef70ff1937644.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;J’attends quelqu’un&lt;/em&gt; mais &lt;em&gt;j’veux pas que tu t’en ailles&lt;/em&gt;, c’est là tout mon drame. J’ai honte de toi et pourtant tu es mon oxygène. Rend-toi compte : tu applaudis dès que je pète, tu t’évanouis dès les premiers violons, tu t’esclaffes si je fronce le nez. Sans toi, pourtant, je le sais, je ne pourrais faire la nique aux States, alors que grâce à ta bienveillance, je roule des mécaniques, enfin des noms à inscrire après Truffaut, enfin le retour du grand Paris, et quand Elton John embrasse Marion, crois-moi, je suis prêt à tout pardonner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Je vais bien, ne t’en fais pas&lt;/em&gt;, je suis un cinéma affable et convivial. Je méprise les genres mais en perpétue avec componction les convenances dès qu’il s’agit d’en emprunter les motifs. Je suis avec Lioret et Giannolli, avec les Larrieu et l’Anne Fontaine, l’académisme qui pourfend, le mariage salutaire et vivifiant entre la Qualité Française presque renaissante et la Nouvelle Vague pas encore retombée. J’ai des clichés à ne plus savoir qu’en faire, des dogmes à écouler, des chœurs et des récitatifs à intercaler, le tout en numérique généreux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Danse avec lui &lt;/em&gt;: un film c’est d’abord un cadeau, comme une chanson de Carla Bruni ou un roman d’Enthoven. C’est une sorte de terre-plein où tu peux t’ébattre tout en te reconnaissant, sans jamais de faille ou d’épines, juste de l’acclimatation. Mes films, c’est &lt;em&gt;Nos années&lt;/em&gt; d’Annie Ernaux, mais sans les vrais drames ni les abandons cruels, juste des pochades douce-amères qui t’emportent et te réassurent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;J’ai toujours rêvé d’être un gangster&lt;/em&gt;, alors ne te laisse pas distraire par les productions d’Hollywood, quand je fais aussi bien avec mes tripes, mon terroir, mon imaginaire colonisé et référentiel. Mes truands et mes croquants sont des figures éprouvées et sensibles, heureusement rafraîchies, nettoyées, mises en ordre de marche. Bien malin qui pourrait encore y trouver la moindre filiation avec ce background un peu ringard, ces fonds secrets plus obsolètes que jamais : après tout qui encore envie de connaître Pierre Fresnay ? Qui a la moindre idée de ce que put être Delon avant Paris-Match ? Qui saura demain que Delphine Seyrig ne fut pas animatrice sur le câble ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/01/a5d71305a2a63b3a854e8e0a31898eb7.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/01/a5d71305a2a63b3a854e8e0a31898eb7.jpg&quot; id=&quot;media-223625&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;a5d71305a2a63b3a854e8e0a31898eb7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Je crois que je l’aime&lt;/em&gt;, tu sais, ce cinéma ouvert à tout que je t’ai concocté, homologué, coupant court aux dilemmes, réfléchissant en son multi-piste, sachant provoquer les Anciens et « faire oeuvre de salubrité publique », comme le dit souvent Télérama, mon organe de presse le plus fidèle. Je l’aime cette mise en scène monoformée qui est l’assurance d’une compréhension universelle et d’un spectateur enfin interchangeable, aux goûts flexibles, à la désinvolture n’empêchant pas le recueillement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Pars vite et reviens tard&lt;/em&gt;, il y aura toujours quelqu’un pour toi. Nous faisons dans tous les coins. Nous embaumons pour que, sans faillir, tu puisses, public docile mais retors, nous suivre à la trace. Nous avons de grandes ambitions, dans la lignée de Jean-Jacques Annaud, qui sut ouvrir la voie où ne manquèrent pas de s’engouffrer tous les cinéastes vénérant les chemins caillouteux en Scope. D’Espositio à Wargnier, nous voyageons, nous prenons de l’altitude, nous ne vieillirons pas moisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;J’invente rien&lt;/em&gt;, tout est à disposition. Des femmes dénudés pour la bonne cause, des banlieues qui s’embrasent à point nommé, des jabots et des bas de soie repassées de frais, des lumières vertes pour réfléchir aux conditions sociales de notre temps. Des historiens aussi, qui de Jeunet à Kurys en passant par Dahan, ne manquent pas une occasion d’offrir au passé l’honneur d’être célébré. Si tu savais comme je regrette d’avoir exclu Lelouch de nos raouts, lui qui faisait peut-être mieux, parce qu’en toute naïveté, ce que nous élaborons gravement dans nos études de marché segmentées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Ne le dis à personne&lt;/em&gt;, mais le cinématographe a perdu la partie. Ce qui compte, c’est que je puisse continuer à te parler. Aujourd’hui Godard a 79 ans, Rohmer 88 et les autres sont morts. Guillaume Canet est plein d’avenir. Maître du château, il parade en oubliant avec une facilité déconcertante les petits princes qui avant lui, avaient prétendu poétiser le réel. Dans les oubliettes, Carax et Rochant ont opportunément renoncé à crier. Mon académie des Césars l’a d’ailleurs certifié afin que nul ne l'ignore : Canet est un meilleur réalisateur qu’Alain Resnais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/01/99b7c00bd62583d42c041cf1d6a858fe.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/01/99b7c00bd62583d42c041cf1d6a858fe.png&quot; id=&quot;media-223630&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;99b7c00bd62583d42c041cf1d6a858fe.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/07/01/absence.html</guid> <title>ABSENCE</title> <link>http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/07/01/absence.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Cinématique)</author>   <category>Intimité</category>  <category>Nitrate d'argent</category>   <pubDate>Tue,  1 Jul 2008 17:10:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/01/1abf980509ca5b4510446650ff8d51c4.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/01/1abf980509ca5b4510446650ff8d51c4.jpg&quot; id=&quot;media-215836&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1abf980509ca5b4510446650ff8d51c4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/00/d043834b69fc3e57681272a76b923e09.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/00/d043834b69fc3e57681272a76b923e09.jpg&quot; id=&quot;media-215840&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;d043834b69fc3e57681272a76b923e09.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n'est pas ce que l'on attend (une voile inespérée, un butin à piller, un corps enfin donné) qui peut nous empêcher d'être seul, c'est l'attente. &lt;br /&gt;
Cet instant suspendu où les possibles se pressent, où l'indistinct se rapproche, où une brume se lève, nous assure sans mal que nous sommes en train de partager, avec tant d'autres coeurs en attente, une façon d'espérer. &lt;br /&gt;
Puis la voile, le butin ou le corps s'installent, et nous voilà, dans leur minutieuse exploration, à nouveau sans allié. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/05/29/foire-a-tout.html</guid> <title>FOIRE A TOUT</title> <link>http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/05/29/foire-a-tout.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Cinématique)</author>   <category>Intimité</category>   <pubDate>Thu, 29 May 2008 10:00:00 +0200</pubDate> <description> En vrac, quelques perles : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x5ktjz_le-duc-de-trefle-et-le-cinema_creation&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;cinéma&lt;/a&gt; tourne en rond mais sa vitesse malgré l'habitude nous grise encore, c'est dire où nous sommes tombés, engainés d'absences de toutes sortes. &lt;br /&gt;
La &lt;a href=&quot;http://entre-jour.hautetfort.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Présence &lt;/a&gt;pourtant, c'est à deux pas, sans complications ni affèteries inutiles, encore faut-il oser s'y confronter.&lt;br /&gt;
 Il y a des &lt;a href=&quot;http://cafeducommerce.blogspot.com/2008/05/interlude-la-plus-dgotante-cration-du.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;évidences&lt;/a&gt; qui à chaque fois qu'elles sont &lt;a href=&quot;http://eisangelie.hautetfort.com/archive/2008/05/26/trankilou.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;énoncées&lt;/a&gt;, émeuvent par le scandale qu'elles recouvrent sans bruit, qu'elles étouffent de banalité ; des évidences qui à bien y regarder pourraient tout aussi bien s'avérer fausses et nous plonger alors dans la perplexité la plus inopérante.&lt;br /&gt;
Car au fond, rien n'est vrai puisque chacun a ses raisons et qu'aucun Bien ne ressort de la floraison des motifs.&lt;br /&gt;
Le brûlant strip-tease de la &lt;em&gt;Femme Fatale &lt;/em&gt;n'existe pas plus que le velléitaire &lt;em&gt;Magicien d'Oz&lt;/em&gt; : nous dormons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/02/4844a006c53cce3557ba612a70826fcc.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/02/4844a006c53cce3557ba612a70826fcc.jpg&quot; id=&quot;media-198101&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;4844a006c53cce3557ba612a70826fcc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/05/20/muta.html</guid> <title>EMPHASE ET MELANCOLIE</title> <link>http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/05/20/muta.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Cinématique)</author>   <category>Intimité</category>   <pubDate>Tue, 20 May 2008 15:05:00 +0200</pubDate> <description> A quel moment, la machine a-t'elle commencé à se gripper ?  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque matin était érotiquement semblable au soir de la veille ; la brise fraîche, tout juste parfumée, était la même des semaines durant ; tous les mois après Mai, les oiseaux s'éclipsaient derrière l'érable, sans un bruit de trop. A défaut des lignes de ta main que j'ai jamais su lire, je m'étais attaché des années, sur le duvet en lacis de ton épaule, sans trop d'astuces ni de chiqué, à réinventer ta vie sans que tu en doutes, agrémentant de sentiers de hasards, de chemins de contrebande, de venelles tentantes, les spirales blondes d'un destin facile. Qui a glissé en premier ? Qui le premier a surpris ses plaies en train de se rouvrir, à grands renforts de cris perçants et d'éclats de bois mort ? Qui s'est empressé de nourrir à nouveau ses spectres, à l'aise au milieu de leurs râles, ceux qu'il avait tant craint d'oublier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Mal est avant tout un souvenir qui s'éteint, avec sa souffrance devenant indistincte, quand une peine encore vive, dont la précision des détails tout à la fois crucifie et rassure, n'est que du mauvais temps. Je vois encore le rose sous le fard et l'iris sous la taie, je sens encore la tendresse de ta peau sous les couches de suie et les années mortes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque ces images deviendront vagues et ces formes confuses, alors seulement commencera le passé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/01/1432b7c0d66c3defddb6f14f37df466b.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/01/1432b7c0d66c3defddb6f14f37df466b.jpg&quot; id=&quot;media-192984&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1432b7c0d66c3defddb6f14f37df466b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/01/c7f621c1406b5a1ee9f2953b086bc250.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/01/c7f621c1406b5a1ee9f2953b086bc250.jpg&quot; id=&quot;media-192985&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;c7f621c1406b5a1ee9f2953b086bc250.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/05/05/american-disaster-iv.html</guid> <title>AMERICAN DISASTER (IV)</title> <link>http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/05/05/american-disaster-iv.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Cinématique)</author>   <category>Intimité</category>   <pubDate>Mon,  5 May 2008 14:30:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/02/37422a079137326ae1400fe7613c7640.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/01/02/37422a079137326ae1400fe7613c7640.jpg&quot; id=&quot;media-184599&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;37422a079137326ae1400fe7613c7640.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/02/7577aadd323473046451e302241b481b.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/02/7577aadd323473046451e302241b481b.jpg&quot; id=&quot;media-184601&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;7577aadd323473046451e302241b481b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
J'avais toujours pensé que les salles de cinéma des villes américaines ressemblaient à celle de &lt;em&gt;Singing in the rain&lt;/em&gt; ou du &lt;em&gt;Jour du Fléau&lt;/em&gt;, avec foule compacte et en liesse, monumentale affiche lumineuse donnant sur la rue, patronymes en néon, tapis rouge en cascade sur les marches et poignées dorées comme au Palais-Royal, mais si c'est peut-être le cas ailleurs, à Chicago, Illinois, ce n'est qu'après de longues recherches infructueuses que j'ai fini par tomber sur un vague multiplex jouxtant un bowling et un autre au sous-sol d'un magasin Gap ; qui plus est sans le Scorsese ou le Clooney, mais avec le lot habituel que l'on reçoit ici l'été : sous-&lt;em&gt;Scream&lt;/em&gt; en pagaille, pâlichonnes comédies sociales sur le besoin de sortir du ghetto (avec parfois Angela Bassett), parodies sans relief à la Zucker. Public clairsemé soudain assailli par des groupes scolaires hurleurs (composés à 99% d'afro-américains et à 70% de filles, les Blancs étant sans doute dans le privé où les séances de cinéma se font sur place) ; gigantesques poubelles intégrées dans la cloison, juste après l'entrée de la salle, surmontées d'un retentissant &lt;em&gt;Thank You&lt;/em&gt;, pour recueillir les seaux enfin vides de pop-corn mauve et de chips &lt;em&gt;diet&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel est donc le lien, me demandai-je au pas de course, sous une pluie glacée absolument imprévue, entre ce Sikh pâle comme un linge qui déambule de biais, ce rabbin trépignant dans son portable, ces hommes d'affaires constellés de taches de rousseur, accros au café au point qu'ils l'emportent jusque dans la rue dans un thermos, ces chinoises pressées dont les sacs en plastique pleins à rabords leur scient les jambes, ces trois grands Noirs qui chaloupent sous d'ésotériques pendentifs argentées, quel est donc le lien entre toutes ces communautés avec tics et tenues ostentatoires qui dans la plupart des villes occidentales se croisent sans jamais se regarder ? Le dollar ? La télé ? Le Big Mac ? Sharon Stone ? Peut-être simplement la peur de ce qui vient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des hommes jeunes et au sourire facile, très élégamment habillés, font le pied de grue dans le hall d'une clinique renommée. Ce ne sont ni des représentants des labos pharmaceutiques espérant vendre un peu plus leurs saloperies éthiques, ni des gigolos guettant l'héritière, mais comme me l'apprend le petit bristol que je ramasse discrètement, des avocats distribuant au cas où leurs cartes de visites. Une femme en béquilles d'une cinquantaine d'années, mais qui tient à en paraître presque dix de moins, ressemblant un peu à Estelle Halliday, me sourit tandis que je lui tiens la porte, et sans trop savoir pourquoi, ce sourire un peu trop frais, un peu trop franc, ce nez froncé et ces fossettes, cet incroyable charme machinal, me serrent la gorge. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/04/29/american-disaster-iii.html</guid> <title>AMERICAN DISASTER (III)</title> <link>http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/04/29/american-disaster-iii.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Cinématique)</author>   <category>Intimité</category>   <pubDate>Tue, 29 Apr 2008 12:05:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/00/b5b05d993b51b3fe060d989cad4f3f9d.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/02/00/b5b05d993b51b3fe060d989cad4f3f9d.jpg&quot; id=&quot;media-181324&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;b5b05d993b51b3fe060d989cad4f3f9d.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Et ça bouffe. &lt;br /&gt;
Des grandes roues aux salles de cinéma, des pharmacies aux parcours fléchés de jogging, ça bouffe avec compréhension, avec engouement, avec constance. Des innombrables halls de magasins de luxe aux spacieuses &lt;em&gt;food courts&lt;/em&gt; des fast-foods, ça bouffe avec patriotisme, avec intérêt, avec liberté. A la fin des &lt;em&gt;Chroniques de Spiderwick&lt;/em&gt;, en pleine acmé de pop-corn et de gloussements, il est ainsi on ne peut plus logique que le héros des derniers instants, un dégoûtant porc ornithophile, salue d'un rôt retentissant sa victoire qui a consisté à dévorer l'Ogre devenu corbeau. Car dans la salle, tout le monde, déjà, rôtait, c'est-à-dire, soyons précis, tout le monde anticipait inconsciemment l'exploit du plus gras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout en jambes et sourires rémunérés, la très jolie serveuse noire qui me tourne autour finit par me saluer comme si elle me reconnaissait, comme si j'étais important, comme si tout était possible. D'ailleurs mon choix confirmera sa première impression : je sais me nourrir avec goût et décider de prendre le &lt;em&gt;Schrimps Heaven&lt;/em&gt;, est de son propre aveu, vraiment &lt;em&gt;great&lt;/em&gt;. Elle m'indique les plaques minéralogiques à tourner sur ma table, la bleue signifie que tout va bien (y est inscrit &quot;Run, Forrest, Run&quot;), la rouge que je désire commander autre chose, ou me plaindre qui sait ('Stop, Forrest, Stop&quot;). Le respect de tout un chacun, c'est ce qui demeure le plus important.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la salle enfumée de ce que j'ai pris d'abord pour un club de blues, les hommes sont endimanchés à outrance, les femmes très belles, habillées comme pour l'Opéra, les musiciens virtuoses sur la petite scène. Après minuit, soudain, les serveuses toutes blondes deviennent comme par enchantement topless. Ignorant (je demande qu'on me croit) cette métamorphose, le choc érotique n'en est que plus intense, particulèrement déstabilisant, même si pour la plupart, il n'y aura ici aucune poitrine véritable. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/04/25/american-disaster-ii.html</guid> <title>AMERICAN DISASTER (II)</title> <link>http://cinematique.blogspirit.com/archive/2008/04/25/american-disaster-ii.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Cinématique)</author>   <category>Intimité</category>   <pubDate>Fri, 25 Apr 2008 09:40:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/01/9e1466c8a397d18cfd0d379e8acd0cfc.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cinematique.blogspirit.com/media/00/01/9e1466c8a397d18cfd0d379e8acd0cfc.jpg&quot; id=&quot;media-179273&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;9e1466c8a397d18cfd0d379e8acd0cfc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois joggers qui me dépassent en soufflant fort sur State Street, franchissent sans arrêter de courir le portillon d'un hôtel de luxe. Les deux grands noirs en livrée et chapka (Chicago est &lt;em&gt;The Windy City&lt;/em&gt;) qui en gardent l'accès, sourient d'un air entendu. Ici la sueur est un style et l'effort ostentatoire un gage de réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Pissaro et les Monet, au deuxième étage de l'&lt;em&gt;Art Institute&lt;/em&gt;, n'intéressent pas les autochtones qui se regroupent au magasin du musée, riche en mugs couleur nymphéa et en tee-shirts &quot;I love Chicago&quot; sur fond d'autoportrait de Van Gogh. Il faut dire que la plupart des toiles est éclairée en dépit du bon sens et que les Toulouse- Lautrec sont dans un couloir sombre entre la Grande Salle du Caillebote et celle du Seurat. Lorsqu'on ne ressent plus qu'en références, ce qui compte est bien entendu de retrouver dans les oeuvres visitées, ce qui se vend en signets et en écharpes, ou plus prosaïquement s'étale en double page des guides. La mauvaise foi consisterait à tenir tout cela pour un trait typiquement américain voire occidental, alors que dans ce domaine, les Japonais, parfois en trio mais le plus souvent en bandes éparses, sont les plus acharnés à reproduire ce qu'ils ont déjà en reproduction, dans une mise en abyme qui les conduit parfois à montrer du doigt, sur la photo qu'ils prennent d'eux-mêmes, l'illustration du guide qu'ils investissent désormais &quot;pour de vrai&quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur toutes les chaînes de télévision qui ne s'arrêtent jamais, quadras au ventre plat grâce à toute une série de machines métalliques, avocats concernés par l'injustice, dont le nom et le téléphone clignotent, prédicateurs qui vendent des biscuits bibliques (Mana) en échange d'audacieux pas de danse effectués en direct, sous les applaudissements frénétiques de l'assemblée, par des vieilles dames lançant leur canne hors-champ, films en version puritaine où le sang, le sexe et le fric, omniprésents dans les ressorts scénaristiques, ne s'affichent que rarement à l'écran, flashs d'info où défilent de prétendus analystes politiques en couple, lesquels ressemblent étrangement aux publicités pour céréales du matin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(A suivre) </description>  </item>  </channel> </rss> 