28/06/2012
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L'article sur les blondes et les blonds parus sur Causeur.fr me vaut quelques courriels peu amènes dont celui où un offusqué me jette au visage Geert Wilders et Breivik avant de conclure avec panache : "ma tignasse rouge sang ne vous salue pas !". Il est vrai que mon article discrimine clairement les roux en se permettant de ne même pas les citer, et pourtant qu'est-ce qu'un roux sinon la quintessence du blond ?...
J'envisageais d'ailleurs de dédier ce texte aux blondes ni bêtes ni criminelles, aujourd'hui un peu passées de mode, comme la déesse Freyja, la princesse Yzeut et Marilyn Jess. Sans doute aurais-je eu alors des réclamations d'admirateurs de Lilith, de Cléopâtre ... et de Céline Bara.
Dans le Choc des Titans de Desmond Davis, Persée est perplexe et Andromède a plus souvent qu'à son tour des larmes sur les joues. Ursula Andress n'obtient qu'un seul plan de cinq secondes où en tant qu'Aphrodite elle lance un long regard velouté à Zeus, sorte de Bon Dieu bedonnant inventé par Gotlib. Les paysages y sont systématiquement brumeux ou surexposés, et les villes en transparences tremblantes. Un monstre marin dans ce florilège de mythes grecs n'en est pas moins nommé "Le Kraken", quant à Pégase, le cheval ailé censé naître du sang de Méduse, il aide le héros avant même que celui-ci ait rencontré la terrible gorgone... Malgré tous ces ingrédients qui pourraient en faire un nanar de la plus belle eau, ce film de 1981 recèle une séquence de toute beauté, le combat dans les ruines d'un temple entre Persée affolé et la Méduse implacable. La variété d'échelle des plans entre les ombres et les torches rougeoyantes, le découpage anxiogène alternant les silhouettes des anciens combattants statufiés et celle, serpentine et sifflante, de la maîtresse des lieux, le resserrement progressif du cadre jusqu'à la décapitation finale, suivent un crescendo remarquable et laissent penser que les trucages de l'époque, laborieusement établis image par image, obligeaient les tâcherons à réfléchir aux forces en présence à chacun de leurs plans et à soigner leur montage, ne serait-ce que pour des raisons techniques, tandis que la grande liberté octroyée désormais par le numérique, permet à ces mêmes filmeurs sans âme (Louis Leterrier dans le lamentable remake du même nom sorti il y a quelques années) de se moquer totalement de la lisibilité de leurs intrigues et de leurs combats, ne créant donc aucune angoisse ni aucun émerveillement au fil de leur longue litanie de prodiges.

15:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blonds, causeur, choc des titans, desmond davis, louis leterrier, marilyn jess, yseut, freyja |
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