Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/12/2012

CINEPHILIE

tumblr_m3kmrtOI1w1rokbquo1_500.jpg

En dépit de nos impressions naïves, on ne cherche à détruire que ce qui nous hante, ce qui nous est si proche qu'il faut l'assimiler ou l'éradiquer sans tarder. Le reste, ce qui séduit ou attriste, ce qui étonne ou indispose, n'entraîne jamais de tels carnages. Le décliniste voit son monde s'effondrer sous les coups de boutoir de sauvages lui ressemblant trait pour trait ; le progressiste fait avec vigueur table rase de valeurs qu'il enrage de savoir siennes. Ainsi le cinéma moderne n'a-t-il de cesse d'embaumer les codes classiques sous le prétexte de les pervertir.

Dans leur course sidérante et captivante, les signes qui font des spectateurs des dévôts ou des blasphémateurs (lesquels alternent sans compter les huées et les louanges), ont la nostalgie du sens qu'ils n'approchent que par la marge, la bande ou l'écume. Leur triomphe est dans l'émiettement, la multiplicité, l'analogie équivoque. Ils voient dans toute mise en ordre un affront, et dans toute hiérarchie ou sélection une entrave à leur miroitement. Sans doute, faut-il apprendre à les observer sans frémir pour les faire enfin parler, se défier des images comme s'y laisser prendre procédant du même leurre. C'est en osant juger les formes sans distance ni pathos, qu'on se jauge.

14:34 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : cruising, william friedkin | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |