15.12.2009

VARIABLE

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Les variables cinématographiques qui font passer l'acteur d'un personnage à l'autre, sur un plan moral ou social, du héros à la brute, du pauvre au prince, de l'avocat au criminel et du père au fils, sont le plus souvent infimes : un éclairage opportun ou disgrâcieux, une amorce bienvenue ou refusée, un accessoire judicieux ou inadapté, une place réservée ou au contraire aléatoire dans le cadre...

Ce que l'on pourrait prendre pour de la simplification à outrance, de la typologie schématique, est en fait l'illustration idéale des propos anti-aristotéliciens de Hume, qui considéraient le moi comme une entité mouvante, instable, réversible, insituable, essentiellement cernée par nos outils de perception, et de ce fait avant tout soumise à leurs aléas.

"Il y a certains philosophes qui imaginent que nous avons à tout moment la conscience intime de ce que nous appelons notre moi ; que nous sentons son existence et sa continuité d'existence ; et que nous sommes certains, plus que l'évidence d'une démonstration, de son identité et de sa simplicité parfaites. Pour ma part, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je bute toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir, moi, en aucun moment sans une perception et je ne peux rien observer que la perception." (Hume, Traité de la nature humaine)

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