01.07.2008
ABSENCE
Ce n'est pas ce que l'on attend (une voile inespérée, un butin à piller, un corps enfin donné) qui peut nous empêcher d'être seul, c'est l'attente.
Cet instant suspendu où les possibles se pressent, où l'indistinct se rapproche, où une brume se lève, nous assure sans mal que nous sommes en train de partager, avec tant d'autres coeurs en attente, une façon d'espérer.
Puis la voile, le butin ou le corps s'installent, et nous voilà, dans leur minutieuse exploration, à nouveau sans allié.
17:10 Publié dans Intimité , Nitrate d'argent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Je sais où je vais, Michael Powell, L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Andrew Dominic
30.10.2007
IN MEMORIAM
Tantôt le visage immobile et le regard doux, réprimant d'un frémissement du cou l'élan qui l'aurait fait rougir, tantôt gamine facétieuse, garçon manqué clignant de l'oeil mais trahi par de trop longs cils, elle était comme Moira Shearer de ces rousses tout ensemble réservées et ardentes.
Bousculés sans cesse par des sentiments contradictoires, jamais déraisonnables et pourtant passionnés, ses personnages savaient mieux que personne donner à voir le tumulte du coeur et du temps trop vite passé.
Si je ne devais retenir qu'ne chose de Deborah Kerr, ce serait ce geste de la main, presque identique des Innocents au Narcisse noir, si pudique malgré l'horreur, si élégamment féminin en plein coeur de l'effroi.
16:35 Publié dans Nitrate d'argent | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Deborah Kerr, Michael Powell, Jack Clayton





