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04/12/2012

HUGO

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Que reste-t-il encore à dire sur Victor Hugo ? Considéré par les Français, qui pourtant lisent de moins en moins, comme leur plus grand écrivain, porte-parole fiévreux de tant de causes humanistes dont la défense ne souffre plus aujourd’hui la moindre discussion, l’auteur des Contemplations et de L’Homme qui rit est sans aucun doute le champion des hommages, des révérences et des commémorations.

Le livre que Michel Marmin lui consacre aux Editions Chronique fait cependant le pari de le révéler autrement, en plaçant les péripéties de l’intime dans la chambre d’échos de l’Histoire, en détaillant scrupuleusement les contextes artistique, sentimental et politique des poèmes, pièces et romans de celui qui voulait être “Chateaubriand ou rien”. Il a pour cela recours à une remarquable profusion de témoignages d’époque (correspondances et critiques, croquis et gravures, photographies et caricatures, affiches circonstancielles et tableaux de maîtres) qui se révèlent non seulement informatifs et éclairants, mais également d’une grande beauté formelle, avec une mention particulière aux médaillons de David d’Angers, aux portraits d’Auguste de Châtillon, à un fusain d’Emile Bayard et surtout aux dessins superbes et bouleversants de Hugo lui-même.

Voici certainement une manière hugolienne d’appréhender la vie et l’oeuvre de ce géant littéraire, lui qui n’a cessé justement, dans ses romans monumentaux, de mêler à ses intrigues quantité de parenthèses sociologiques et d’apartés métaphysiques, sans négliger jamais de nous les conter avec ce même style empreint de sensibilité solennelle et de fougue qu’il accordait à la fiction, parvenant ainsi à relier le particulier à l’universel et non comme il est aujourd’hui d’usage, le singulier à la norme. En explorant de la sorte ce qui a pu nourrir ces textes à la fois profonds et extravagants, mélodramatiques et cependant incisifs, jamais manichéens mais toujours violemment idéalistes, Michel Marmin dresse alors le portrait d’une figure tutélaire : au travers d’une existence qui en épousa les soubresauts contradictoires, il rend en effet justice à ce XIXème siècle qui ne fut autre que la matrice de nos velléités et de nos aspirations, de nos errements aussi, nous les modernes qui cherchons partout, dans le paradoxe et le désordre, à ne pas succomber à la tentation du nihilisme.

De la naissance du Romantisme à l’agonie de la Restauration, de Ruy Blas à L’Art d’être grand-père, de l’espoir des Trois Glorieuses aux crimes de la Commune, d’Adèle Hugo l’épouse infidèle et attentionnée à Juliette Drouet, la maîtresse éperdue cinquante années durant, de l’exil à Guernesey aux grandioses funérailles parisiennes, il faut lire ce très bel hommage à l’un de nos bons géants nationaux, lequel demeure certainement, comme l’affirme Michel Marmin dans sa préface, “le meilleur antidote au doute, au désespoir et à l’ennui”.

11/12/2008

TROMPE L'OEIL

Le lecteur peut se demander quelle distinction je fais entre la féminité vraie et la mascarade. En fait, je ne prétends pas qu’une telle différence existe. Que la féminité soit fondamentale ou superficielle, elle est toujours la même chose. (Joan rivière, La féminité en tant que mascarade, 1929, cité ici)

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Une femme qui a un amant est un ange, une femme qui a deux amants est un monstre, une femme qui a trois amants est une femme. (Victor Hugo)