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11/02/2013

PRETEXTES

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En dépit de ses prétentions, le film choral n’est jamais une représentation de l’interdépendance universelle qui serait tapie sous l’apparente séparation de nos existences, mais tout au contraire, sa parodie moralisatrice, sermonnant un individu globalisé, interchangeable, c’est-à-dire mensonger. De même n'est-il jamais une mise en scène de l’intersubjectivité, mais le prétexte aux complaisantes ramifications de l’autofiction. 

 

Ainsi, dans 21 grammes ou Babel, Inarritu prend-il soin de n’oublier, dans la trame vériste de son récit et l’authenticité de ses décors, aucun enjeu socio-politique contemporain, mais sans pouvoir cependant donner la moindre incarnation à des personnages réduits à leur déplaisant stéréotype médiatique, n’ayant de ce fait aucune importance, puisqu’aucune prise réelle sur notre présent. Ainsi dans Partir, revenir, Il y a des jours et des lunes, La Belle Histoire ou Les Parisiens, Lelouch a-t-il beau démultiplier ses personnages aux quatre coins des classes sociales, des époques historiques ou des genres cinématographiques, est-ce bien toujours lui, à travers eux, qui fait avec une candeur qui force l’admiration, ses déclarations et ses adieux.