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29/03/2010

L'HOMME QUi ARRETA D'ECRIRE (1/5)

Lire d'une traite impossible le dernier livre de Marc-Edouard Nabe, ces 686 pages sans paragraphes ni chapitres, est avant tout une expérience physique. C'est expérimenter tout à la fois le second souffle des coureurs, celui qui vient se substituer au rythme précédent pour garder la cadence, et l'essoufflement des divers bougistes de l'époque (1). C'est soupirer d'aise malgré l'absence de pause et souffrir de ne jamais savoir où marquer la page. C'est se prendre au jeu de la cavalcade, qui décime les volailles et envoie au ciel des odes émouvantes de matamore inquiet, tout en s'abritant des cavalcades veules, vulgaires, hégémoniques. C'est suivre en clopinant la pensée tout azimut d'un écrivain qui ne cesse de percer l'époque à jour (et s'il troue autant son tissu mou, il ne faut pas lui en vouloir, c'est avant tout pour respirer tant elle lui colle au visage) et subir avec vertige la bradypsychie effrénée des fêtards, qui se hâtent sans joie avant d'oublier sans mesure. Lire ce roman phénoménal, c'est expérimenter la jouissance du disjonctif, qui déclasse et réévalue à toute allure, tout en prenant conscience, une bonne fois pour toutes, de l'horreur moderne qui accumule et superpose.

1- selon la terminologie de P-A Taguieff in Résister au bougisme. Mille et une nuit éditions, 2001

(A suivre)

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Commentaires

J'ai vraiment envie de le commander mais j'ai réalisé que les expéditeurs ne passaient pas par la Poste et j'ai vraiment peur de ne jamais recevoir le livre, n'étant pas souvent chez moi. Cruel dilemme...

Écrit par : Dr Orlof | 29/03/2010

Achetez le et lisez le !!
C'est le roman de la décennie
Une sorte de "voyage au bout de la nuit" remis au jour d'aujourd'hui
Un long voyage dans le Paris de la nuit, celui que l'on croit connaitre mais que l'on ne connait pas
La plume de Nase dresse des portraits de scènes, de personnes, de manières de faire, absolument sans pitié mais toujours avec cette plume exceptionnelle qui le caractérise

C'est le Louis Ferdinand Celine de notre temps
Passer à coté serait une faute
Le lire aujourd'hui, sera votre titre de gloire dans 25 ans / 30ans quand son talent sera forcément reconnu

Écrit par : Maxime | 29/03/2010

Belle entrée en matière Ludovic, j'attends la suite !

Écrit par : Solange Fiaci | 30/03/2010

Vous aurez en effet fort à faire pour sortir des lieux communs de la critique, qu'elle appaludisse avec toujours les mêmes arguments, ou bien qu'elle hausse les épaules pour toujours les mêmes raisons... A chaque fois le souffle court, donc, et c'est bien dommage. Mais sans vous flatter, je crois que vous n'en manquerez pas

Écrit par : Nabien Sceptique | 30/03/2010

Cher Doc, donnez dans ce cas une adresse où vous êtes le plus souvent (lieu de travail, de loisir(s), relations diverses etc...)

Votre enthousiasme, Maxime, fait plaisir à voir, mais votre dernière phrase me fait penser, je ne sais pourquoi, aux pubs de placement immobilier !

Solange et Nabien Sceptique, j'espère que vous ne serez pas déçu, mais je ne vous garantis rien.

Écrit par : Ludovic | 30/03/2010

@DrOrlof: si vous êtes parisien... le site marcedouardnabe.com indique en première page les adresses de boutiques où l'on peut acheter L'Homme (3 rive droite, 1 rive gauche). Nul doute que prochainement, s'ajouteront à la liste quelques adresses... marseillaises !

Écrit par : tilly | 02/04/2010

Les commentaires sont fermés.