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23/03/2011

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Elle parle sans retenue et ouvre ainsi son coeur à tout bout de champ, faisant de quelques badauds irrésolus de solides amants et du plus obtus des hommes un exceptionnel confident ; si elle se tait, l'homme de sa vie s'échappe et tourne déjà le coin de la rue.

Dans la pénombre du salon, le gant de ma fille tombé sur le sol m'incite, malgré l'heure tardive, à un dernier effort. Lorsque j'essaie de le ramasser, il s'éloigne par une sorte de bond disgrâcieux. M'en rapprochant à nouveau, plutôt mal à l'aise, je le vois se déporter vers la droite avec une lenteur proprement effrayante. Allumant les lumières, je découvre alors un inattendu crapaud beige. Certain d'avoir repéré le gant à son emplacement habituel, je l'avais ainsi réellement vu (l'index recourbé, le dos bombé, la laine effilochée sur le côté) et c'est son mouvement inadapté, inadapté à mes souvenirs et à mon attente, qui a créé une sorte de sidération. Une expérience cinématographique en somme.

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Commentaires

Et paf un lampadaire...
Le beau,la bête et le truand...un conte sans parole...

Écrit par : laurence | 24/03/2011

Oui, je vois assez bien.

Écrit par : Ludovic | 24/03/2011

Les commentaires sont fermés.