Elle me demande avec ironie si je suis de bonne famille, fait mine de s'inquiéter de mes origines pour très vite en arriver aux siennes, à leurs méandres, leur pittoresque. Elle se flatte d'être sans attache mais louche, moqueuse et désemparée, sur la chevalière de son voisin de table. Sa liberté est sans pareille, et sans espérance.
Le plus beau film n'est pas celui que l'on n'a pas encore vu, ni celui que l'on ne peut oublier, mais celui qui enfin nous comprend.
Cela fait deux années consécutives (et cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé) que la Palme d'or revient à un grand film ; du coup une certaine frange de la critique prompte à publier son palmarès singulier, à s'insurger en force ou à se moquer en douce, se retrouve en plein désarroi, se raccrochant à la nazification express de Lars von Trier voire aux calembours (Cannes contre Kahn ?) pour tromper son ennui, et mieux dissimuler sa faillite.