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25/09/2009

Nabe le Béni

Marc-Edouard Nabe est irritant.

Il réussit le tour de force d'être à la fois un symptôme de la fin (de l'Histoire, de la Littérature, du Spectacle, de la Modernité) et la preuve (par 28) qu'il est encore possible de faire de l'art avec tout ce qui a été saccagé.

Nabe agace par certaines de ses postures, mais enchante par tant de phrases, qu'il est impossible de s'en défaire d'un haussement d'épaules, comme d'un quelconque Bisiou ou d'une Darrieussecq parmi d'autres.

Mystique incontrôlable, fasciné définitif, poète bouleversant, son équivalent cinématographique serait quelqu'un de la trempe de Jean-Claude Brisseau.

Le lien du vendredi c'est son tout nouveau site, où l'on peut lire parmi les textes en ligne, cet extrait qui dit tout :

"Salons, médias, journaux: écrivains partout, littérature nulle part. Paul Léautaud disait déjà que "quiconque reçoit un prix littéraire est déshonoré." Ce n'est pas assez. Aujourd'hui il est temps de dire fort que quiconque se prétendant "écrivain" accepte de publier un livre dans le système éditorial actuel est encore plus déshonoré. Et même que quiconque achète un seul de ces livres est déshonoré lui aussi ! La littérature sert à ça."

09:11 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : marc-edouard nabe | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

Commentaires

Cette phrase est tellement vraie..

Écrit par : PEB | 25/09/2009

C'est vous qui êtes irritant à chercher le taux de change cinématographique de Nabe ; ça me fait penser au barnum du Musée Pompidou où on a flanqué les bouquins de Céline ou d'Aragon dans des vitrines pour PROUVER aux bobos que la merde capitaliste est autre chose que de la merde capitaliste et que Pompidou était autre chose qu'un maquignon qui savait flairer les bonnes affaires.

Écrit par : Lapinos | 05/10/2009

Et si la séparation entre les arts, Lapinos, c'était du flan ?

Écrit par : Bibi | 05/10/2009

La spécialisation est une conception en vogue dans les civilisations barbares technocratiques : romaine, nazie, capitaliste. Dans ce sens vous avez donc raison, Bibi ; le désir d'efficacité mène au cumul, et le cumul au tri en petites cases. Dans la pensée matérialiste païenne ou chrétienne en revanche, la forme unie servant de guide à toutes les variétés d'art, celles-ci doivent logiquement tendre vers une unité de plus en plus grande et l'abolition des frontières entre elles à mesure qu'elles progressent. D'où vient que Marx dégueule l'anthropologie chrétienne bourgeoise, la foi et la raison policières.

On peut dire aussi qu'Aristote assassine les Muses dans le même mouvement qu'il enterre les théories des éléments. Mais le capitalisme ressuscite les Muses sous la forme de la muséographie, exactement comme la cinématique ressuscite les théories archaïques des éléments sous forme d'une statistique. Les néo-païens sont beaucoup plus proches qu'ils ne le pensent de Blaise Pascal et de ses immondes probabilités.

La partition est dans la musique et le cinéma, elle n'est pas dans l'art. Je formule des voeux pour que la cinématique et la statistique dont le tropisme commun, le rêve est d'embrasser la mort sur la bouche, soient exaucées dans les plus brefs délais. Voeux pieux, dira-t-on. Mais la foi ne soulève-t-elle pas les montagnes ?

Écrit par : Lapinos | 05/10/2009

Blaise Pascal, vous êtes dur décidément avec moi...

Écrit par : Ludovic | 05/10/2009

J'ai pourtant plus d'indulgence pour ceux qui font le pari de l'existence de Dieu/Néant hors de l'Eglise plutôt qu'à l'intérieur. Hitler ou Diderot me sont moins antipathiques que Pascal. Question de talents.

Écrit par : Lapinos | 08/10/2009

Les commentaires sont fermés.