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18/04/2011

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Plus on renie et plus on croit : l'abandon est la plus forte des tentations.

Il lit avec profit, s'informe en conscience, se distrait tout en se cultivant. Sa femme a de beaux sourires tristes et leur fille unique connaît déjà, à huit ans passés, le dénouement de Millénium. Près de l'écran plat, une orchidée, et sur la table basse indonésienne un Jalouse entre deux Télérama. Ils votent Europe Ecologie, parce qu'il est temps, et ne voient pas d'un très bon oeil le retour du populisme. La salade d'endives et l"huile de noix, les vacances à Minorque, le Chi Kong, les pneus-neige, enfin le disque de Mélanie Laurent.

Sur un matériau assez proche (les amours contrariées ou fantasques de trentenaires urbains et pensifs), Podalydès et Desplechin développent deux cinémas bien différents : pour lier entre elles les tranches de vie qui font le sel de leurs films, le premier privilégie l'espace et le rythme tandis que le second donne une place importante à la mélodie des dialogues. D'un côté le geste, dans la lignée de Tati (celui qui demeure inespéré comme celui qui est de trop), de l'autre le verbe, à la suite de Rohmer (celui qui dévoile et celui qui trompe), comme ferment entre les personnages. Voir la place des objets culturels dans le pesant Un conte de Noël (la Culture qui pense pour nous) et dans l'inventif Versailles, rive gauche (la Culture, on me pardonnera le jeu de mots, qui ne panse plus).

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