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  • 99

    Un partisan est quelqu'un qui est capable de se parjurer le jour où son adversaire lui donne raison.

    Dans les romans policiers comme en géopolitique, ce qui perce à jour les malfaiteurs, c'est bien le cirque autour de l'alibye.

    Voilà un garçon qui attend plus d'une heure que cette fille passe devant la porte entrouverte, guettant ainsi le moment où il osera tousser bruyamment afin qu'elle se retourne, puis l'aperçoive, et qu'il puisse alors, gêné, balbutier sa phrase maladroite, qu'elle n'aura de toutes façons pas le temps d'entendre. Mais cette vision lui suffira (silhouette élancée, regard sur lui interrogatif et doux, sourire peut-être) et il n'aura de cesse que leurs horaires encore une fois coïncident.

     

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  • 98

    Bref souvenir d'Amacord, hier en fin de journée : les lacis de la route se perdaient dans une sorte de brume violette d'où a émergé, stupéfaite et hiératique, la tête d'une vache.

    Comme ces politiciens qui sussurent on va pas se mentir (ou faut pas se leurrer), respirent la tromperie, ses aveux déclamés ne témoignent au bout du compte que de ce qu'il cache.

    Il se trouve que j'ai une passion coupable pour ces films américains des années 70-80, où des stars plus ou moins déchues de l'âge d'or hollywoodien, tentent de résister à une catastrophe naturelle, d'échapper à un attentat ou de résoudre une énigme d'Agatha Christie. La mise en scène est le plus souvent catastrophique, le découpage hasardeux, les éclairages et les costumes criards, les acteurs vieillissants cabotins en diable, mais voir soudain au sein de saynètes théâtrales, Gregory Peck allonger le pas, Elizabeth Taylor écarquiller les yeux, Kim Novak se confondre en sourires ou Tony Curtis jouer de sa voix de basse, a quelque chose de prodigieusement mélancolique, comme si l'on reconnaissait soudain au coin de la rue, mal attifée, le fard épais et pendue au bras d'un crétin couperosé, une femme somptueuse autrefois passionnément aimée.

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  • 97

    On croit qu'elle parade alors qu'elle mendie.

    Comment se fait-il que certains se plaignent que la parole soit désormais libérée ("décomplexée") alors qu'on entend toujours la même chose, chacun dans son style, chez les progressistes comme ches les réacs. La liberté conduirait-elle à l'uniformisation ?

    Le cinéma n'est pas plus affaire de morale qu'une tempête ou une course au supermarché. Tout ce que l'on peut ajouter comme gloses, critiques, explications, analyses, à des faits (et une oeuvre n'est jamais qu'un fait) ne peut les épuiser, c'est-à-dire ne peut les réduire totalement au rôle d'outil.

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