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    Dans la salle, elle parsème son rire quasi-continu de mots d'esprit en rafale, mais dans le hall tout-à-l'heure, elle paraissait plus réservée, presque craintive, regardant partout. C'est qu'il est là à présent, raillant pour quelques-uns les plans qui insistent trop, les amorces lourdes, les raccords limites. Il est là et semble ne même pas l'avoir remarquée. Elle aimerait renier quelque chose, à voix rauque, mais serait bien en peine de savoir quoi.

    C'est un film tellement impersonnel que par vanité, chacun peut prétendre s'y reconnaître.

    Le lituanien Sharunas Bartas fait partie de ces artistes qui ont un regard qui embrasse, qui réunit ensemble un paysage et un sourire, une femme déambulant d’une ruelle à l’autre avec lassitude, le regard absent, et un homme traqué, qui les yeux partout, la peur au ventre, ne vit que pour elle. Un regard qui lie sans affèteries ni effort, comme d’autres avant lui, Godard ou Carax notamment, la poésie et le polar, c’est-à-dire les conventions et l’écart, les rites et la grâce. Quelques mots sur son dernier film, .

     

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    Elle est joliment inquiétante, à la manière de Deborah Kerr, avec cet air mesuré soudain trahi par un regard en coin, avec cet allant qui d'un coup disparaît sous l'assaut de souvenirs. Elle me regarde à peine, tarde à me reconnaître, et puis s'esquive en me serrant le bras avec douceur. Comment ensuite ne pas la regretter ?

    Tout commence par un crime sans témoin. Peu après, la curée contre le criminel supposé et la meute de ses soutiens, la réécriture de ce que pourtant tous ignorent, la multiplication des motifs, des raisons et des prétextes, la file d'attente des profiteurs et puis celle des confidents, les mensonges changés en évidence, les doutes devenus dogmes : l'affaire DSK n'est qu'une Genèse parmi d'autres.

    Lorsque deux cinéphiles jugent un film à l'identique, il y en a toujours un pour penser que l'autre rend les armes.

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