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01/12/2012

CINEPHILIE

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En dépit de nos impressions naïves, on ne cherche à détruire que ce qui nous hante, ce qui nous est si proche qu'il faut l'assimiler ou l'éradiquer sans tarder. Le reste, ce qui séduit ou attriste, ce qui étonne ou indispose, n'entraîne jamais de tels carnages. Le décliniste voit son monde s'effondrer sous les coups de boutoir de sauvages lui ressemblant trait pour trait ; le progressiste fait avec vigueur table rase de valeurs qu'il enrage de savoir siennes. Ainsi le cinéma moderne n'a-t-il de cesse d'embaumer les codes classiques sous le prétexte de les pervertir.

Dans leur course sidérante et captivante, les signes qui font des spectateurs des dévôts ou des blasphémateurs (lesquels alternent sans compter les huées et les louanges), ont la nostalgie du sens qu'ils n'approchent que par la marge, la bande ou l'écume. Leur triomphe est dans l'émiettement, la multiplicité, l'analogie équivoque. Ils voient dans toute mise en ordre un affront, et dans toute hiérarchie ou sélection une entrave à leur miroitement. Sans doute, faut-il apprendre à les observer sans frémir pour les faire enfin parler, se défier des images comme s'y laisser prendre procédant du même leurre. C'est en osant juger les formes sans distance ni pathos, qu'on se jauge.

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23/10/2012

PAR SURPRISE

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C'est au moment où tout semble perdu qu'un détail vous sauve, à l'instant même où l'on reprend pied que la vague déferle. Le Sauveur comme l'Ange exterminateur attendent toujours le dernier moment pour faire de celui-ci un prélude. Au cinéma comme au coin de la rue, la sidération survient toujours en traître, laissant la victime consentante s'imaginer enfin repartir de zéro, ou tout perdre d'un coup, quand il ne s'agit que d'un piège de plus. Lorsque le personnage se retourne, lorsque le spectateur se reconnaît fasciné, il est déjà trop tard : seule la contemplation qui résulte du face à face peut contrer la sujétion.

08/09/2008

HUMEUR

A lire l'enthousiasme des critiques devant le ridicule film de la paire Martineau/Ducastel, Coquillages et crustacés, qui osent citer Demy ou parler de "crédibilité" (une exception, ), on imagine qu'il rejoint sans peine celui des producteurs et des distributeurs, fébriles à l'idée de soutenir un tel projet, clone de tant de "chroniques douces-amères du quotidien".

C'est cela l'air du temps, quand chacun est conquis sans équivoque.

Voilà un film qui aligne sans aucune embardée toutes les conventions, tous les conformismes actuellement en vigueur, qui ne lésine sur aucune allusion, qui n'omet aucun poncif, qui s'engouffre dans chaque brêche complaisamment ouverte, qui ne perd aucune occasion de ne surtout pas se taire, qui n'a que des idées reçues, des lieux communs, des passages obligés et de la malice à revendre.

Voilà un film dont l'indigence même est gage d'authenticité, dont la fausseté du ton est preuve de "décalage", dont l'inertie du découpage "témoigne avec bonheur d'une langueur toute estivale" (ou quelque chose d'approchant).

La paire Martineau/Ducastel sait peut-être ce qu'est un couple (à vrai dire, on en doute), mais elle ignore tout des paradoxes et de la violence de son approche cinématographique. A moins que tout cela n'ait au fond aucune espèce d'importance, et qu'il ne s'agisse même pas de cinéma au sens où nous avions cru l'entendre.

C'est ainsi que William Friedkin fait partie du passé.

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