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14/04/2009

GNOSE

Lorsque la connaissance n'est qu'un travail d’érudition, livresque et ainsi délivrée des coups de fouet du réel, elle donne à l'âme fragile, par son carcan même, l’apparence d’une structure, d’une mémoire, d’un passé, et il est logique alors qu'elle s'emploie au pluriel : je suis ce que je sais, en fait surtout ce que j'ai su, héritier de traditions et de gloses diverses qui m'ont, un jour, fondé et à l’intérieur desquelles je n'espère plus qu’être fondu.
Dans Memento de Christopher Nolan, la vraie victime, contre toute attente, n’est alors autre que l’amnésique au passé tatoué.

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Or il s’agit bien d’apparences, qui m'érigent même si je suis dépourvu de colonne vertébrale, qui me nomment avant même que j'ai compris d’où venait mon Nom, qui me classe et me range à jamais, pour le meilleur des stratagèmes et la pire des prisons : je ne suis que ce que j'ai été, et dans cet enfermement tranquille, rien ne me touche vraiment puisque j'y suis avant tout étranger à moi-même.
Dans Les Promesses de l'ombre, de David Cronenberg, le véritable perdant est bien, malgré son succès final, le flic à la fausse identité de voyou tatouée.
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Mais la connaissance peut aussi être envisagée comme un moyen non pas de se faire un nom ou pire une personnalité, une individualité, un Je (l'ultime leurre), mais bien d’aller au fond de soi, ce qui est encore le meilleur moyen d’en sortir. Je est toujours Autre mais il faut pour cela, pour accepter l’idée qu’un ego n’existe pas, en passer par l’accumulation (avant la sédimentation), la multiplicité (avant l'Unité), pour être enfin délivré, mais seul.
Et c'est ainsi que dans la série télévisée Prison Break, le prisonnier qui s'est tatoué sur le corps le plan arachnéen de son évasion future, ne peut être qu'un héros tragique.
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