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05/03/2009

SECTEUR

La maladie d’Alzheimer sert depuis une décennie au moins divers registres de fictions, notamment cinématographiques. Il s’agit en général de petites chroniques nostalgiques sur le temps en fuite, filmées avec toute la bonne conscience doucereuse de la bourgeoisie victimaire, régulièrement fausses dans leur description clinique alors même qu’elles veulent à tout prix dégager le parfum du vécu. Il est des gens qui attachent tant d'importance à leur petit parcours de vie alors même que leur transmission de valeurs est essentiellement financière (cf l'éloquent "Roi et reine " de Desplechin), qu'il leur importe, littéralement, de faire un drame de l'oubli, et de la perte de souvenirs des instants de mélancolie nimbés de philosophie delermienne (Philippe ou Vincent).

Nicolas Boukhrief est un cinéaste qui fait partie des rejetons de Starfix (Gans, Laugier), génération sans envergure ni initiatives hormis celle de copier/coller sans aucun souci de synthèse ou de résonance, des styles, des thèmes et des ambiances, patchwork cinéphile dont le caractère bis viendrait, on se demande bien pourquoi, sauver la mise, brouhaha formaliste au bout du compte plus insignifiant que déplaisant. Mais c'est justement pour cela que Cortex parvient à toucher juste, en brossant cinématographiquement (gros plans insistants et panoramiques superficiels ; minimalisme des faits et exacerbation de leurs causes et conséquences) l’enfermement d’un patient dans sa maladie comme dans sa clinique, aux décors et aux rythmes également répétitifs. Le héros, ancien inspecteur de police est-il paranoïaque, affabulateur ou bien berné par ses défauts perceptifs, ses failles mnésiques, ses reconstitutions fragiles et suggestibles ? A l'inverse piste t’il vraiment un criminel ? Par cette ambiguïté constitutive, le film dévoile l’ambivalence d’une maladie affectant initialement le cerveau par secteurs, juxtaposant ainsi la lucidité aux errements.

C'est justement le caractère à la fois fermé, auto-référentiel, codifié à l'extrême, c'est-à-dire pompier de ce cinéma, et dans le même temps son propos débarrassé de toute préoccupation sociale mais paradoxalement encombré de psychologisme intempestif, autrement dit roublard, qui lui permet d'illustrer idéalement les contradictions de cette maladie, jamais propre, toujours dévastatrice, et effrayante justement par son sytématisme et ses stéréotypes.

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11:07 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : cortex, boukhrief, gans, laugier | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

Commentaires

Zut ! J'ai oublié ce que je voulais dire ....

Écrit par : iPidiblue éphémérides du bonheur | 05/03/2009

Ca va me revenir ... ah ! oui, maintenant de toutes les manières il n'y a plus de vieux, il n'y a que des seniors !

Écrit par : iPidiblue sauve qui peut la vie ! | 05/03/2009

"piste t’il"

Cher Ludovic, le remplacement du trait d’union par l’élision, auquel vous avez assez fréquemment recours dès lors qu’il s’agit d’inverser le pronom et le verbe, est-il une simple faute d’orthographe ? :D

Écrit par : Préau | 05/03/2009

J'aurais aimé vous répondre que c'était une figure de style signifiant beaucoup de choses, cher Préau, mais en fait non, c'est une faute d'orthographe que je découvre grâce à vous...

Ipidiblue, BHL ou Julien Clerc, des seniors, mais non , ce sont des hommes mûrs, voyons...

Écrit par : Ludovic | 06/03/2009

Y-a-t-il des femmes mûres ou juste des femmes épanouies ?

Écrit par : iPidiblue retour d'âge | 06/03/2009

En tout cas, je n’aurais pas été d’accord pour y voir l’expression d’un trait de caractère, car c’est toujours de façon pertinente que vous faites usage des deux qualités - faire trait d’union et abréger.

Cela dit, c’est une jolie faute : on dirait un trait d’union déposé là par le vent !

Écrit par : Préau | 06/03/2009

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