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01/09/2011

CONTRE LE MONDE ENTIER, TOUT CONTRE

Philippe Ramos, Capitaine Achab

Un peu comme Emmanuel Mouret fait dans l'érotomanie tempérée, Philippe Ramos choisit l'exaltation calme, et la lumière plutôt que la flamme. Et comme le cinéma de Mouret s'avère malgré sa tiédeur apparente, extrêmement sensuel, celui de Ramos transporte malgré sa retenue. Sans se cacher derrière les effets spéciaux, les cymbales, la caméra qui virevolte, le cinéaste propose en effet de raconter Moby Dick à partir de quelques instants, de quelques figures, de quelques douleurs, qui peuplent la mémoire d'un homme. Contre, tout contre le monde entier, voilà le Capitaine Achab, décrit avec précision depuis son enfance dans les bois.

Raconter Moby Dick mais sans le monstre, ou presque, ou plutôt donner à voir le monde que celui-ci recèle, que celui-ci contient, ce monde à pénétrer et ce monde qui blesse tant, ce monde à comprendre alors qu'il ne vous a pas laissé de place. La forêt profonde comme la mer immense, les femmes contre qui on se heurte et la peau épaisse de la baleine, l'envie de rejoindre son père et celui d'harponner la bête, l'incompréhension et le silence plutôt que le vacarme des revendications savantes.

(la critique entière ici)