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  • PROJECTION

    L'art qui cadre à l'intérieur du cadre, de Ford jusqu'aux films-gigognes de Greenaway, des chambres de Vermeer aux inclusions de Mondrian, des piliers de Leone aux à-plats de Chantal Akerman, des boucles de Philip Glass aux klaxons de Reich, ne cherche pas à emprisonner mais à abstraire.
    Plus il circonscrit, moins il précise.
    Il ne suit scrupuleusement ses lignes que pour mieux prendre la fuite.
    Le sujet qui se trouve alors serti gagne en obscurité et en polyvalence, enfin apte à nous recevoir.

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    La nuit du chasseur, de Charles Laughton

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    News from home, de Chantal Akerman

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  • AMERICAN VERTIGO

    Vous aimez Dantec, le réprouvé de l'Otan ?
    Vous le considérez comme un rempart solide contre la chienlit islamo-fasciste, la barbarie serbe, le déclin de la chrétienté occidentale, les incertitudes climatiques, la téléréalité, les pages "Rebonds" de Libération et le totalitarisme des Zinrocks, ces sept plaies modernes de l'Unimonde ?
    Vous vous étonnez du savoir encyclopédique d'un homme qui peut lire d'affilée de Maistre et Fallaci ?
    Vous vous émerveillez de la faconde d'un écrivain qui ne craint plus le point virgule ?
    Vous ne cachez pas votre admiration pour le METAbolisme d'un style techno-pop ?
    Vous frissonnez d'aise à l'idée que Matthieu Kassovitz, cinéaste urbain, puisse adapter l'un de ces romans futuro-trash ?
    Vous en voulez, parce que c'est maintenant ou jamais, à Festivus, aux imams, à Edwy Plenel et à tous ceux qui excisent ?

    Alors ce long texte définitif va vous mécontenter, surtout lorsqu'il aboutit, entre autres, à cette éclairante conclusion :
    "Il y a une vraie symétrie Savigneau-Dantec, une complémentarité, un même souci de son ego trouvant à se satisfaire dans un anti-rationalisme bouffon, un postmodernisme supposé autoriser toutes les "transgressions", y compris "anti-bien-pensance-post-68". M. Dantec a choisi d'incarner le mouton noir, ce n'est pas le rôle le plus confortable, il a plus de curiosité que J. Savigneau et, souhaitons-lui, plus de talent et d'intelligence. Cela ne suffit pas à l'en distinguer par nature."

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    Dans un souci de coopération avec le tenancier méticuleux du Café du commerce, j'ai trouvé le bon génie de Dantec, son jumeau stellaire, sa part bénite. Le mouton blanc. Tout aussi certain d'être dans son droit d'insurgé, et tout aussi prêt, malgré les adjectifs apparemment anti-dantéquiens avec lesquels il se définit fièrement, à en découdre avec les mêmes barbares, c'est-à-dire avec tous ceux qui ne l'aiment pas assez, l'attachant Tristan Mendès-France :
    "Je suis athée, laïque, plutôt de gauche, pas encarté, prochoix, multilatéraliste, universaliste, européen, français, citoyen du monde, pour l’euthanasie, contre la peine de mort, contre le communautarisme, pour le mariage des homos (et l’adoption), dreyfusard, pour la dépénalisation du cannabis, anti-Bush, ai voté “Oui” aux Traités européens, contre la 2e guerre en irak, pour la 1ère, pour l’intervention en Bosnie, suis “sioniste propalestinien” (belle formule de P. Klugman), pour le multiculturalisme, républicain, démocrate, contre les sectes, contre le négationnisme, adore les mmporg, crois que c’est al-quaida qui a fait le 11 septembre, suis évolutionniste et ma mère est anglaise".
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  • LANGAGE DES SIGNES

    A l'inverse d'un cinéma ultra-moderne sciemment dépourvu de sens, qui découpe et colle entre eux, de la manière la plus banalisée qui soit, la plus commune, les plans incongrus, Bresson paraît prendre le parti de ne monter que des lambeaux de plans classiques, des plans qui s'ils étaient déroulés en totalité, et montés dans la même succession, conduiraient à des séquences du plus limpide classicisme.
    Ce faisant, il délivre le récit de la gangue du scénario qui emprisonne et assujetit, prenant le risque du symbole qui universalise, afin de passer sans renoncer aux structures et aux règles, de l'objet signifiant et de l'image informative à la vérité du sujet, c'est-à-dire à ses gestes.

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    La nuit du chasseur, de Charles Laughton

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    Le crime était presque parfait, d'Alfred Hitchcock

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    L'argent, de Robert Bresson

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