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01/12/2010

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Je ne veux rien savoir de toi : si je te comprends, je te perds.

Le désir n'est jamais plus aigu que lorsqu'il prend conscience de son évanescence, jamais plus fort que lorsqu'il admet les regrets qui vont suivre. Avec ses flash-backs qui incluent des saynètes grinçantes dans des récits érotiques, voire des plans loufoques dans des séquences tristes, le très beau Un baiser s'il vous plaît d'Emmanuel Mouret joue sur ces enchâssements, sur ce qui pourrit et ce qui germe entre deux corps, sur leur souffrance et leur exultation jamais exclusives.

La trentaine fatiguée, elle est accrochée à son portable depuis près d'un quart d'heure. Sa fillette de deux ans à peine se balance sur la chaise en bois puis se rendort. Elle finit par tomber violemment en arrière, sans je crois se faire trop de mal. La mère crie, la presse contre son coeur, et devant le père qui revient alors du bar avec deux bières, s'écrie : "les enfants, c'est dingue, tu les quittes des yeux quelques secondes, et vlan !" Lui, flegmatique ou peut-être déjà ivre : "C'est les gosses, ça ..."

Commentaires

J'ai revu ce film hier avec un intense plaisir ! Le mot d'enchâssement lui correspond très bien. C'est empli de détails qu'on ne remarque pas forcément la première fois (l'équation de maths à base de "x nul" et de "q", les couleurs des vêtements assortis à l'appartement, le choix des tableaux au musée...). Quelle facétie dans la gravité !

Écrit par : MM | 01/12/2010

Oui, Marie, et c'est sans doute de tous ceux que je connais de ce cinéaste, son plus grave (il ne me reste plus que "Changement d'adresse" désormais). Merci de me l'avoir fait découvrir !

Écrit par : Ludovic | 01/12/2010

J'ai découvert ce film hier et en fut très heureuse: oui, léger et tragique, tout en finesse malgré ou grâce à je ne saurais dire, une franchise déconcertante.
J'ai trouvé quasi jubilatoire la puissance de cet incroyable jeu de la méconnaissance de notre propre désir et qui se révèle presque malgré nous parfois aussi. Il y a dans ce consentement à renoncer de véritables possibles, une présence.
Cette même présence que vient d'abord chercher l'enfant, sans concession.
(Merci Ludovic, j'espèrais que vous parleriez de cela ce jour!).

Écrit par : Marie-Hélène | 01/12/2010

Heureux (mais pas surpris) que ce film vous ait parlé, Marie-Hélène.

Écrit par : Ludovic | 01/12/2010

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