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  • 46

    Il est une indécence plus répandue encore que rire à ses propres blagues : c'est pleurer sur son sort.

    Un balcon sur la mer de Nicole Garcia et Anthony Zimmer de Jérôme Salle, deux films bancals, inaboutis, et qui pourtant disent vrai. L'imprécision du passé comme prétexte aux erreurs sur la personne ; les amours à demi effacées d'hier, ferment des chamades du présent : on croit découvrir et on ne fait que reconnaître, d'avance tout est joué et on ne sait aimer qu'à contretemps.

    J'ignore quelle est l'expression la plus stupide entre "Mélenchon, Le Pen de gauche" ou "Jean Rollin, Ed Wood français", mais je sais que le dernier cinéaste surréaliste est mort et que nous y reviendrons plutôt deux fois qu'une.

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    Dans cet hôtel parisien de grand luxe où tout le monde parle américain, mêlés aux Japonais volubiles, aux femmes voilées et aux obèses de toutes origines, ils déjeunent de saucisses de veau et d'oeufs reconstitués ; dans le grand hall, ils se pressent ensuite sans sourire, anxieux d'être en retard à la session "comment optimiser son image-prix".

    Ce qu'il y a de bien avec les aléas de la mémoire, c'est que les souvenirs douloureux finissent par tenir chaud, puisque ce sont les seuls qui tiennent bon.

    Elle donne beaucoup d'elle-même, et puis plus rien.

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