Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/09/2010

REPRISE

climates.jpg

Les films tels des fluides s'échangent, se complètent, se corrigent. Ils permettent à la fois de pleurer sur le passé et de voir venir. La déception que l'un provoque se voit bientôt adoucie par l'énergie qu'un autre engendre. La joie que celui-ci procure est déjà entamée par la peine que celui-là cause. Le panoramique écourté ici se verra longuement détaillé là-bas ; l'intense visage un jour contemplé se voit plus tard honteusement barbouillé ; le silence heureusement préservé d'une séquence est déjà à la merci du tumulte de celle lui rendant hommage.

Le plan fixe des Coen a beau mêler l'espérance et le drame (malgré le sourire de la jeune femme, le colis est bien là et bien encombrant), il suffit d'un peu de recul et d'un peu de temps, il suffit tout simplement d'un autre film, pour que la menace se dissipe, mais également, car tout se paie, pour que l'espoir d'un autre possible se noircisse : chez Nuri Bilge Ceylan, le paquetage désormais défait assure d'une quiétude relationnelle on ne peut plus banale : il ne contenait que quelques affaires de plage et non les reliefs morbides d'un meurtre insensé ; le champ élargi assure qui plus est d'une voile. La jeune femme toutefois tourne le dos et il est vraisemblable que son regard attentif fasse désormais partie du passé.

Les films finissent toujours par se communiquer leurs humeurs, ternir ce que l'on tenait pour éclatant, apaiser l'effroi.

Le temps ne détruit rien ; il émousse cependant et c'est très bien comme ça.

11:02 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : coen, barton fink, nuri bilge ceylan, climats | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

21/04/2008

PEEP SHOW

Avant de prétendre à l'épiphanie d'une rencontre, il vaut mieux s'assurer de la réalité de sa propre condition ; dans cette attente, il est loisible de regarder.
On n'est jamais que le spectateur de ce que l'on ne peut briser.
C'est aussi en cela que l'Amérique (ou Hollywwod, ou le libéralisme) nous paraît invincible, donnant trop à voir pour nous laisser la moindre prise, élargissant tant notre champ de vision qu'il devient impossible, face à elle, d'habiter le moindre champ de bataille, ruinant toute dialectique par le règne des personnalités multiples.

59f86360af7ccfed6cf65e09655c4310.jpg
e03b2c2cee8bf43a868247b7b3bb554f.jpg

15:56 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Coen, Ceylan | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

22/08/2007

CONTAMINATION

"Tout malaise individuel se ramène, en dernière instance, à un malaise cosmogonique, chacune de nos sensations expiant ce forfait de la sensation primordiale, par quoi l'être se glissa hors d'on ne sait où... " (Cioran, De l'inconvénient d'être né)

"Contaminés par la superstition de l'acte, nous croyons que nos idées doivent aboutir." (Cioran, La tentation d'exister)

"Être moderne, c'est bricoler dans l'Incurable." (Cioran, Syllogismes de l'amertume)

d9e762bbee67735a4cbfb23f5a5c2fbd.jpg
Le cercle rouge, de Jean-Pierre Melville

4a5c42f6388a14de985d199a52092201.jpg
Barton Fink, de Joel et Ethan Coen

14:39 | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Melville, Coen | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |