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13/06/2008

"Ne dites pas à maman que je suis un phénomène"

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En dehors d'apporter une pièce de plus aux choux gras du syndrome post-11 septembre, ne serait-ce qu'en utilisant ce plan ouranophobique désormais rituel, Phénomènes ne fait que décliner (la phrase pourrait s'arrêter là tant le film répète ses figures jusqu'à l'ennui profond) l'habituel thésaurus hollywoodien, n'utilisant certaines entités (les Autres, la Nature) qu'à la seule fin puérile d'améliorer les conditions d'existence d'une cellule familiale en cours de désintégration. L'utilitarisme est un dieu et le cinéma son plus sûr dévôt.

A la différence des productions courantes toutefois, les plans ne sont pas saturés d'amorces explicatives mais au contraire engorgés d'une incertitude infantile dûment scénarisée, ce qui finalement ne change rien à l'affaire : aucune progression, aucune régression, aucun parcours en somme, ne sont ici proposés ; semblable au Munich de Spielberg, ce film aux catastrophes inédites, dont la seule raison d'être est justement ce caractère inédit, ne sait que faire diversion entre deux carnages, changer de décor mais jamais d'axe au profit d'exécutions méthodiques, toujours plus élaborées mais jamais mises en perspective ou en contradiction.

Quant à filmer le caractère anxiogène du vent, on indiquera au petit Shyamalan de se rapprocher des oeuvres du grand Argento, car il ne suffit pas de dissimuler un hélicoptère hors-champ pour donner aux bourrasques secouant les branches de la sauvagerie, il faut encore parvenir à inquiéter durablement, c'est-à-dire discriminer dans le champ d'une séquence, ce qui ne bougera pas de ce qui s'agite déjà trop, ce qui se couche d'un coup de ce qui résiste longtemps.

A nouveau un protégé des Cahiers qui ne réussit pas sa mue : certains parrainages sont décidément bien encombrants.

14:35 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Night Shyamalan | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |