04/09/2012
AME


Le cri du sorcier de Skolimovski, Angel heart d'Alan Parker. L'âme de l'autre comme caillou à fracasser ou oeuf à dévorer. La mettre en éclat aigus, coupants, en arêtes vives qui ne concordent plus ; ou bien l'écraser sur elle-même, la réduire en bouillie informe. L'autre comme terrain de jeux où s'ébattre, ou comme reflet à briser. De n'importe quelle façon, empêcher le retour sur soi. Déshumaniser ou rendre pareil au même. Un cinéma de heurts et de vacarme où l'on blesse, où le choc tient lieu de rencontre et l'analogie de lien ; un cinéma d'assoupissement où l'on mâche et remâche, puisque tout est déjà dit. Un regard à chaque fois pris au piège, égaré ou éteint, jamais habité.
10:04 | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le cri du sorcier, jerzy skolimovski, angel heat, alan parker, john hurt, robert de niro |
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01/10/2009
UTOPIE


09:41 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jacques rivette, ne touchez pas la hache, alan parker, midnight express, balzac, baudrillard |
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18/06/2007
FACADES ET BRUMES
L'Euro-cinéma, mélasse réflexive et questionnante, tantôt bourbier intellocrate (Angelopoulos, Moll), tantôt game farceur (Besson, Kounen) ou éducatif (Parker, Jeunet), se reconnaît immédiatement par sa propension naturelle à se délecter d'images réassurées. Il suffit de quelques séquences, d'une dizaine de minutes tout au plus, pour voir s'étaler en toute impudeur l'enthousiasme intransigeant du chef opérateur, la prétention besogneuse du cadre, la programmation machinale, puant le mépris, du montage son.
C'est du cinéma-concept où l'on travaille d'arrache-pied à faire de lieux communs, de prestigieux sésames ou à soutenir coûte que coûte des révoltes acceptées. Du cinéma où l'ennemi n'a pas de maquilleuse et où le héros, qui semble pourtant s'extraire avantageusement des canons autrefois en vigueur, bénéficie d'amorces affables et de points d'orgue toujours bien disposés.
Du cinéma où des femmes publicitaires passent comme des spectres doux, jamais incarnées mais toujours salvatrices, créatures pour perruquiers et tailleurs, déjouant toute possession (au moment du coït avec l'héroïne, le fondu au bleu ferme Le Cinquième Element de Luc Besson, la caméra de surveillance du Doberman de Kounen est mise hors-service, la Web-cam volante de Lemming de Dominik Moll n'a plus de batterie etc...). Femmes essentielles qui ne quittent pourtant presque jamais leur cuisine (Mississippi burning d'Alan Parker) ou la piste de danse (L'éternité et un jour d'Angelopoulos), jamais menaçantes sinon en contrepoint, victimes dociles ou mères muettes.
Du cinéma de façade et de brumes, qui de Schnabel à Becker et de Lady Chatterley à La vie des autres ne propose que des images déjà lues, des plans finis avant que d'avoir été ouverts, des séquences heurtées et pourtant trahies par leur rythme, de la propagande sans ellipses et du temps jamais partagé, devant lequel ne peuvent naître que des pulsions de dévoilement et de ruines.
L'éternité et un jour de Théo Angelopoulos
Chromosome 3, de David Cronenberg
16:55 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Pax cinematographica, no sex, Dominik Moll, Alan Parker, Jan Kounen, Théo Angelopoulos, boue |
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