12.11.2007
FAUSSES FENETRES
Il fut un temps où ce que l'on croyait avoir vu comptait moins que ce que l'on désirait voir, où les faits forcément mensongers avaient moins d'importance que les rêves toujours neufs.
Et puis, vint le temps des pisteurs, de ceux qui à tout instant élucident. Il fallut à leur suite croire aux nouvelles, faire rendre gorge au moindre plan, pénétrer au fond du champ, là où la trappe enfin coulisse.
Tout y était sans bavure, et sans plus la moindre échappée.
Première désillusion, de Carol Reed
18:20 Publié dans Intimité , Nitrate d'argent | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ingmar Bergman, Carol Reed, trauma, exégèses, flous artistiques, mise au poing
08.08.2007
PIETAS
Bergman envisage la mort (celle des autres comme celle qui nous attend) comme une empreinte insistante, colorant la vie-même de désirs éteints, d'ambitions inconstantes, de tristes inachèvements, d'actes manqués. Elle est le terme d'où pourtant tout découle. Scorsese la dépeint comme une ombre passagère, une obsession dont il faut parvenir à se défaire, un récit qu'il faudrait savoir taire, une pulsion qu'il convient de contrôler, afin d'être sauvé.
Les vieux mondes mélancoliques s'éteignent, déposant les armes sans plus rien maudire. Le nouveau monde hygiénique s'étend, allumant partout mais sans y croire, les contrefeux qui demain le ruineront.
A tombeau ouvert, de Martin Scorsese : patienter en espérant la petite mort.
18:00 Publié dans Nitrate d'argent | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Ingmar Bergman, Martin Scorsese, mort, pietà





