Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mimsy farmer

  • MUSES (6/20)

    mim.jpg

    Mimsy Farmer

    (1945 - )

    Son sourire et son regard :

    menaçants dans La Route de Salina, George Lautner (1971)

    charmeurs dans Le Maître et Marguerite, Aleksandar Petrovic (1972)

    terrifiés dans La Traque, Serge Leroy (1975)

     

    Lien permanent 0 commentaire
  • UNE FEMME EST PASSEE

    donna reed,claude jade,juliette binoche,mimsy farmer,deborah kerr,le narcisse noir,allonsanfan,mauvais sang,l'ile aux trente cerceuiels,la vie est belle,armel guerne

    Il est difficile de savoir ce qui vous attache à une actrice, vous fait la suivre scrupuleusement dans chacun de ses rôles, vous oblige même parfois à supporter sa parole publique ou ses apparitions médiatiques. Parfois seulement, car il s'agit alors de la meilleure façon de briser l'envoûtement, celui qui vous avait fait prendre sa démarche et son regard pour une invitation, celui qui vous avait persuadé qu'elle était, au moins un peu, ce qu'elle jouait.

    Seuls certains rôles en effet comptent, et c'est bien cela qui rapproche cette naïve admiration cinéphile du sentiment amoureux : rien n'efface l'émotion de la première fois où l'on a saisi seul -où l'on a cru saisir seul- l'inquiétude d'un geste ou la volonté d'un pas, la grâce d'une posture ou l'hésitation d'un sourire, quand les autres autour, quand les spectateurs à côté, n'ont rien su voir. Peu importe tout ce qui se dévoile ensuite, tout ce qui se révèle sans surprise ni écart, tous ces parti-pris félicités d'avance et ces attentions désespérément communes, tous ces rôles attendus, ce déplaisant besoin de toujours mieux ressembler, puisqu'il y a eu, un jour, ce jardin découvert seul.

    Avoir été témoin d'une beauté fugitive sous le fard, d'une différence imperceptible sous la banalité du style, d'une bribe d'enfance derrière le sérieux d'une mimique convenue, d'une joie naïve soudain incontrôlée, réduisant à néant les simagrées de la désinvolture, c'est peut-être cela finalement qui lors d'émois amoureux comme à l'écran, m'a toujours rapproché des mêmes femmes, me faisant connaître des Claude Jade, des Juliette Binoche, des Donna Reed, des Mimsy Farmer et des Deborah Kerr, femmes douces à la beauté entêtante, au regard candide soudain noyé d'une peine incommensurable ou brouillé de désir, à la tendresse impérieuse et au silence opportun, femmes-enfants mues soudain par une volonté de fer, autant adolescentes rêveuses qu'amantes rêvées.

    Il y a une différence cependant : malgré le temps qui passe, je peux continuer à tout instant de croiser, sous son front buté, le regard chaviré de Véronique d'Hergemont dans L'Ile aux trente cercueils. Je peux retenir les larmes de l'Anna de Mauvais sang, poursuivre l'escapade d'Allonsanfan avec Francesca, tenter de réveiller le sourire de Soeur Clodagh du Narcisse Noir ou recevoir une fois encore le baiser de Mary Hatch dans La vie est belle. Le temps passé en compagnie de femmes réelles, et non plus de leur égrégore, aussi long et riche qu'ait été ce temps, ne m'appartient en revanche qu'à une seule condition : avoir su à l'époque conquérir l'instant, l'avoir débarassé de toutes ses contingences, même les plus poétiques, même les plus douloureuses, pour qu'il demeure mien à jamais. Et cela, au contraire des épiphanies toujours renaissantes de la machinerie cinéphilique, qui en sont justement les contre-feux, reste aléatoire. L'orgueil et l'impatience, la maladresse comme la dispersion, l'inconséquence en somme, s'emploient en effet à en rendre le succès bien hasardeux.

    389669_262326137242741_996084600_n.jpg


    Le temps n’attend pas l’homme, et celui de la fin
    Moins que tout autre encore ; il est pressé, pressé
    D’une hâte surnaturelle et les instants
    Sont précieux, les instants sont des diamants
    Dont il est vain de vouloir faire une ancre aux montres,
    Un pivot pour le balancier du mécanisme
    Qui vous broie et fait un fantôme de vous
    Au lieu de vous laisser de moment en moment
    Les porter en collier ou comme une rivière.
    Votre instant est unique, et il est inusable ;
    Aussi le mien, et c’est pourquoi venez le prendre.

    Armel Guerne, Le rapt, in Rhapsodie des fins dernières.

     

    Lien permanent 5 commentaires
  • CELLES QU'ON N'A PAS EUES (3/8)

    S., Les cheveux d'un blond presque blanc, avait la candeur un peu hautaine de Mimsy Farmer. Notre rencontre débuta par ailleurs, à peu de choses près, comme celle de More, même si la suite fut moins haute en couleurs. Il y eut ces trois étapes assez conventionnelles, qui jalonnent bon nombre d'histoires se voulant à toutes forces uniques : je ne parvenais pas à la regarder sans trahir mon émotion et et elle passait son temps à m'y inciter ; à force de regards à la dérobée , je lui découvrais des manques et elle des absences ; une fois mon regard affermi et quelques rêves défaits, une fois prêt à aimer sans folie ni effroi, déjà elle s'échappait.

    imagesCAKXDB5F.jpg

    Je la revois encore de temps à autre. Nous échangeons quelques mots sur le Zodiaque et Boris Vian, deux passions soildement ancrées en elle, autour d'un café qu'elle refuse régulièrement que je lui offre. A certaines de ses extravagances, qui autrefois me bouleversaient, je ne réagis aujourd'hui qu'en haussant gentiment les épaules. Et mon regard qui la "troublait jusqu'à l'âme", apaise tout juste aujourd'hui ses angoisses et ses craintes : nous sommes bons amis, encore que le mot soit un peu fort.

    Lien permanent 1 commentaire