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03/11/2010

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Dans La Religieuse portugaise, le personnage qui se fond dans un autre (grâce à ces champs/contrechamps frontaux sur le même fond indistinct), ou qui disparaît du paysage comme du plan (Lisbonne et ses promontoires se faisant face, permettant de voir la ville tout en en étant inclus dans celle-ci), au même instant les fonde. La fiction s'efface derrière la structure qui lie entre eux les émotions et les lieux, les mots et les sens. Une chapelle, un ballon, un sein en transparence peuvent enfin éclater de grâce, puisqu'il ne sont plus seulement accessoires mais sujets. (la critique complète sur Kinok)

La haine, c'est bien le mot, que suscite Les petits mouchoirs de Guillaume Canet chez une certaine frange de la critique, gorgée de lapsus et de dévoilements, est une preuve définitive que le livre d'Onfray contre la psychanalyse est erroné.

Merci à tous les participants du questionnaire "La Mort au cinéma", du lecteur avançant masqué au blogueur influent, du cinéphage anonyme au critique de cinéma. N'hésitez pas à me communiquer des réponses qui auraient échappé à mon recensement scrupuleux.

 

15/10/2010

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Lorsqu'on tient un journal ou un blog, il n'y a au bout d'un certain temps que deux attitudes qui perdurent : faire le méchant ou le clown. Après un excès dans un sens, il faut sans sourciller redresser la barre, et passer de l'invective à la gaudriole, ou plus rarement, de la boutade à l'insulte. Plus rarement car lorsque l'on est tombé dans la farce, il est difficile de s'en nettoyer tout à fait (je ne citerai aucun nom célèbre).

Dans la recréation du monde que vise Eugène Green et Terrence Malick, il y a le même lyrisme douloureux, c'est-à-dire ensemble, la certitude que leur tentative est échouée d'avance et la contemplation bouleversée de cet échec ; le projet fou d'une Présence inaltérable et l'enregistrement de son absence. Mais si le premier n'a besoin que du vol d'une feuille rousse pour traduire son émoi, le second exige que la forêt toute entière se secoue.

L'indépendance, c'est ne pas avoir encore les moyens de sa compromission.

09:17 | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : terrence malick, eugène green | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

06/10/2010

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Nuit presque blanche avec ce rêve en lambeaux répétés : une tête volante dans chaque embrasure d'une maison inconnue. A fur et à mesure, son apparition se fait à la demande et naît ce vertige où le dormeur s'imagine créer son rêve, quand selon l'angle de vue, la tête peut surgir à volonté. Traits distordus, rictus étiré, orbites creuses, ce visage je finis par le reconnaître, c'est celui de mon reflet d'hier, sur la vitre sale de la boulangerie. Ainsi nos cauchemars ne sont-ils parfois rien d'autre qu'un souvenir d'effroi.

Lorsqu'il m'arrive de suivre une femme dans la rue, par inadvertance ou après quelques détours fascinés, je finis toujours par ressentir une certaine déception quand elle rejoint tel type d'homme ou s'arrête dans telle boutique ; comme si ce bref temps partagé l'avait faite mienne et suffisait à ce que j'aie des droits sur elle et décide de ses intentions. Ainsi en est-il sans doute de l'illusion cinéphile.

Eugène Green : plat ou Platon ?

11:26 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : eugène green | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |