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30/12/2010

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Pas un film de Truffaut sans haussement d'épaules ou de sourcils, pas un film de Chabrol sans sourire complice ou furieuse envie d'applaudir, pas un film de Rivette sans bâillement, pas un film de Rohmer sans soupir d'aise, pas un film de Godard sans acquiescement silencieux ou moue dubitative. Ces manifestations sans doute interchangeables prouvent bien que La Nouvelle Vague n'a pas seulement révélé le corps de l'acteur, elle aussi libéré celui du spectateur !

J'aimerais un jour qu'on m'explique pourquoi les films de Jean Girault ne valent que par le joyau de Funès qu'ils recèlent, alors que ceux de Gérard Oury en seraient le précieux écrin ? 

Elle lui avait offert son plus beau sourire, et quelques heures plus tard un corps ardent. Ils marchaient à présent sur le boulevard, lui anxieux d'avoir révélé un quelconque paramètre d'identité, elle prête à jouer de l'aveu qu'il n'avait pu retenir ("c'est toi que j'attendais").

29/11/2010

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J'aurais aimé la rencontrer il y a vingt ans ; je n'étais pas plus disponible qu'aujourd'hui, mais au moins je l'ignorais.

La deuxième séquence d'ouverture de L'Arbre, le maire et la médiathèque voit Jean Parvulesco, à la terrasse de la Brasserie Lipp, expliquer au directeur d'un journal politique qu'il a bien compris le sens caché de ses articles faussement anodins, qu'il a saisi la force souterraine de son travail en apparence superficiel, et c'est bien sûr, à mots couverts, le cinéma d'Eric Rohmer qu'il évoque.

Jean Parvulesco. A une lettre près, son anagramme le révèle : "Je convulse à part". Loin de l'agitation des foules, des suiveurs, qui remuent pour mieux masquer leur morne chute, il avait en effet la solitude exaltée, mais sa frénésie était féconde. La beauté de ses textes était bien convulsive, c'est d'ailleurs leur ultime vérité.

22/11/2010

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Je retrouve quelques pages d'un roman adolescent, grandiloquent et funèbre, que je ne peux relire sans rougir. Les toutes dernières phrases, cependant, résonnent aujourd'hui autrement :"Il y a cette ombre sur sa main, comme une autre main qui le presse, ce voile sur ses yeux et puis dans sa voix, il y a cette hâte qui l'étreint et cette inquiétude encore : surtout ne pas trop dire. Enfin il est mort."

Erotomane mystique, romancier apocalyptique, essayiste abellien, Jean Parvulesco n'est plus. Il est peu probable que cette nouvelle intéresse quiconque, sinon les happy few. J'irai ce soir me recueillir chez Rohmer (où il apparaît dans le très subtilement corrosif L'Arbre, le maire et la médiathèque) et chez Godard (où il s'exprime, dans A bout de souffle, sous les traits de Jean-Pierre Melville).

- Quel est le pays le plus intelligent du monde ?
- Parvulesco : La France.
- Est-ce que vous aimez Brahms ?
- Parvulesco : Comme tout le monde, pas du tout.
- Et Chopin ?
- Parvulesco : Dégueulasse.
- Quelle est votre plus grande ambition dans la vie ?
- Parvulesco : Devenir immortel. Et puis, mourir."

05/03/2010

MANIGANCES

De retour de Mogador (il est toujours troublant de se promener dans un décor réel et le vent qui soufflait ce jour-là sur Essaouira se mariait très bien avec mes souvenirs wellesiens), ayant terminé l'exceptionnel dernier roman de Nabe (sur lequel, une fois n'est pas coutume, il faudra bien que je revienne sur "Cinématique"), j'ai découvert cette fois en entier ce Rohmer célèbre, La Collectionneuse, dont je ne connaissais que des bribes. Une merveille.

Les liens du vendredi, ce sont alors cette belle critique que je viens de lire à cette occasion, et par ailleurs ces propos, que je partage en tous points, sur ce journal schizophrène (ou bien tout simplement moderne ?) que sont Les Inrockuptibles.

03/03/2010

PRESENCE

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La présence est une puissante déesse. (Goethe)

22:09 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rohmer, goethe, haydée, la collectionneuse | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

29/01/2010

ANTHOLOGIE

Les liens de ce vendredi seront cinéphiliques en diable :

Un extrait saisissant du film inédit de Welles, The other side of the wind, déniché par l'indispensable Pradoc, dont je n'hésite pas à reproduire la dernière remarque : "Certaines personnes ne supportent pas que je me prétende écrivain. Il me suppose de l’orgueil et voudrait partager ce qu’il croit être un trésor, que je n’ai pas le droit de réclamer. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’il s’agit d’un trésor d’enfant : Une boîte à chaussures, une ficelle, un élastique, un briquet. Voilà la littérature en ma possession."

A la suite du beau palmarès de Griffe, une discussion d'anthologie dans les commentaires, entre Ed(isdead) et Père Delauche, qui ravira les observateurs de la querelle Positif/Cahiers.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le vidéoclip que tourna Rohmer.

03/03/2009

NOMBRE D'OR

"Le vrai contact entre les êtres ne s'établit que par la présence muette, par l'apparente non-communication, par l'échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure."

(Cioran, De l'inconvénient d'être né)

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10:39 | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : murnau, rohmer | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |