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07/10/2010

9

Emilie (7 ans bientôt) me demande si j'habiterai toujours la même maison lorsqu'elle sera partie (c'est-à-dire mariée). Je lui dis que je l'ignore et elle me confie qu'elle ne le souhaite pas, parce qu'elle sera triste alors de retrouver sa chambre d'enfant. Chez les sensibles, la nostalgie future s'envisage à chaque instant.

Je n'ai rien contre Christophe Honoré puisque je n'ai rien de commun avec lui.

Federico Fellini dans les années 60 : "Le procès de la décomposition actuelle de la société me paraît tout à fait normal : pour moi ce n'est pas là un signe de mort mais un signe de vie. La vie est faite de transformations. Il faudrait même accélérer cette transformation, aller dans le sens de la pourriture. La révolte est toujours féconde. Seule la révolte porte en elle la nécessité organique de l'expression. Au contraire l'approbation amène l'indifférence. On s'endort."

10:33 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : christophe honoré, federico fellini | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

06/10/2010

8

Nuit presque blanche avec ce rêve en lambeaux répétés : une tête volante dans chaque embrasure d'une maison inconnue. A fur et à mesure, son apparition se fait à la demande et naît ce vertige où le dormeur s'imagine créer son rêve, quand selon l'angle de vue, la tête peut surgir à volonté. Traits distordus, rictus étiré, orbites creuses, ce visage je finis par le reconnaître, c'est celui de mon reflet d'hier, sur la vitre sale de la boulangerie. Ainsi nos cauchemars ne sont-ils parfois rien d'autre qu'un souvenir d'effroi.

Lorsqu'il m'arrive de suivre une femme dans la rue, par inadvertance ou après quelques détours fascinés, je finis toujours par ressentir une certaine déception quand elle rejoint tel type d'homme ou s'arrête dans telle boutique ; comme si ce bref temps partagé l'avait faite mienne et suffisait à ce que j'aie des droits sur elle et décide de ses intentions. Ainsi en est-il sans doute de l'illusion cinéphile.

Eugène Green : plat ou Platon ?

11:26 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : eugène green | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

05/10/2010

7

Presque 40 ans séparent le "coeur complètement malade" de Serge Lama du Coeur qui boîte de David Halliday. Dans Je suis malade, Lama s'en prenait violemment à la femme qui par son absence et ses infidélités était en train de le détruire, Halliday pour sa part s'adresse à celle qui vient après, une fois que les séquelles empêchent d'aimer "autant que nécessaire". Les deux sont des "victimes de l'amour" mais le premier s'en insurge tandis que le second s'en excuse. L'un se débat avec rage contre ce que l'autre admet placidement. En quelques décennies, la culture de l'excuse et les bénéfices de la victimisation sont passés par là : les faiblesses et les lâchetés sont bien excusables quand on a beaucoup souffert.

Ce qui dans la mélancolie met en joie, c'est que celle-ci, contrairement au monde sans surprise, nous cueille toujours à froid.

"Premier film rafraîchissant, loin des tics du cinéma d'auteur à la française, C'est juste pas possible ! nous entraîne le temps d'un week-end à la suite d'un couple de trentenaires bien décidés à profiter de leur temps libre. S'amusant des clichés qu'elle brasse avec tendresse, Virginie Leconte (la fille de, qui à cause de son patronyme reconnaît avoir dû se battre d'autant plus pour faire aboutir son projet) revisite sans avoir l'air d'y toucher le genre négligé de la comédie de moeurs. On jubile !"

 

09:59 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : serge lama, david halliday | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

04/10/2010

6

Le rouge-gorge semble dormir, étendu au fond du panier d'osier, trophée matinal du chat déjà passé à d'autres crimes.

Hier dans la rue, cette femme blonde un peu voûtée, aux traits doux, écoutant les larmes aux yeux les vociférations de son portable. Je lui souris malgré moi, elle me foudroie du regard, puis le type raccroche. Sans hésiter, nous nous séparons là.

Palais-Royal ! de Valérie Lemercier qui se moque des têtes couronnées, pue surtout la vulgarité bourgeoise et le mépris de classe (taper sur tous, sauf sur ceux qui vous nourrissent), ce que n'avait manifestement pas vu le critique de L'Humanité s'enthousiasmant à l'époque pour "la comédie de l'année", logiquement encensée par Les Inrockuptibles et Madame Figaro.

01/10/2010

5

Allez, une autre : "Il y avait bien longtemps qu'un film ne nous avait autant scotchés à l'écran. Pourtant derrière ses oripeaux modernistes et ses effets spéciaux réellement impressionnants, "Motor-Man" n'est pas le simple blockbuster de l'été qu'il se plaît à singer. Huis-clos malaisant en plein cagnard, il met surtout le spectateur en demeure de choisir entre son goût pour la castagne et l'introspection radicale. Petit génie de 22 ans qui ne joue jamais au petit malin, Fred Potinski aligne sans faiblir les séquences de pure mise en scène (l'attaque du fourgon) et des instants supendus où le climax déraille (le sourire inattendu  et ô combien révélateur de Motor-Man). Une claque !"

On peut aussi imaginer que le générateur s'emballe et produise non plus de la critique consensuelle et consommable mais du surréalisme intermittent, emphatique avec les parias, négligent avec les vedettes, mêlant les thèmes et les adjectifs jusqu'à ce que le lecteur demande grâce. On peut toujours rêver.

Certains idéalistes ont vu dans Minority Report de Spielberg une critique de l'invasion publicitaire... On notera quand même que dans ce film d'anticipation, les marques représentées sont bien réelles, agressant autant les personnages que le spectateur, et comment ne le seraient-elles pas d'ailleurs puisqu'elles sont d'abord les sponsors du film ? 

17:15 | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : minority report, spielberg | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |