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07/12/2010

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Avoir des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, une bouche pour se taire et une main pour écrire.

La plus belle ruse des grands réalisateurs, c'est de vous faire croire qu'ils ne dirigent pas.

Le jour, à l'Université, elle étudie l'anglais, ce qui lui permet la nuit, devant sa caméra, de comprendre l'insistance de ses spectateurs. Prostituée virtuelle, seuls leurs yeux la touchent. Il est impossible de savoir si elle en jouit ou si elle en meurt ; sans doute les deux ensemble, là-bas dans son minuscule studio de Saint-Pétersbourg.

 

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06/12/2010

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Tout comme la neige n'est que de la boue cachée aux regards, je sais bien que ceux qui ne cessent de sourire me montrent les dents.

Je me souviens que Marc Esposito, du temps où il était patron de Studio Magazine, en avait beaucoup voulu à Léos Carax d'avoir "enlaidi" Juliette Binoche pour Les Amants du Pont-Neuf... On ne peut assurément lui faire le même reproche : dans son Coeur des hommes, les tee-shirts et les blazers sont sciemment magnifiés.

Sur Causeur, quelques mots pour rendre hommage à Parvulesco.

03/12/2010

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Ayant envoyé il y a deux mois une nouvelle à la revue Rue Saint-Ambroise, j'ai eu l'heureuse surprise de la voir sélectionnée pour faire partie de leur numéro 26. Celle-ci fait partie d'un recueil de nouvelles portant sur la cinéphilie maladive, sur l'art cinématographqiue considéré comme emprise mortifère...

Cet envoi à tout hasard faisait suite au silence persistant d'une maison d'éditions et au refus de deux autres (une réponse brève truffée de fautes, griffonnée sur un formulaire de refus pré-rempli ; quelques lignes jugeant mal assortis un personnage et un décor, alors qu'ils faisaient partie, chacun, d'un texte différent).

Malgré les passe-droits et les connivences, les boutiquiers et les imposteurs, les réseaux de toutes sortes, il est donc encore possible, parfois, sur certains supports, de publier un texte sans être du sérail germano-pratin ; il est toujours bon de le vérifier par soi-même.

17:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : revue rue saint-ambroise | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

02/12/2010

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Elle se souvient si bien d'hier qu'il se plaint que leur couple n'avance pas, mais c'est surtout qu'il ne parvient pas à la suivre : on ne se démodernise jamais assez.

Je m'étonnais il y a peu qu'il existe des gens ayant envie de revoir Bienvenue chez les ch'tis, s'y préparant même avec gourmandise, et puis hier dans une salle d'attente, cette femme qui avoue avec une certaine fierté avoir relu trois fois tout Gavalda.

Un membre de la Fox, à la fin des années 20, affirma qu'un cinéaste avec l'intelligence de Murnau et le coeur de Borzage serait le cinéaste parfait. Or celui-ci existait déjà ; c'était Chaplin.

01/12/2010

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Je ne veux rien savoir de toi : si je te comprends, je te perds.

Le désir n'est jamais plus aigu que lorsqu'il prend conscience de son évanescence, jamais plus fort que lorsqu'il admet les regrets qui vont suivre. Avec ses flash-backs qui incluent des saynètes grinçantes dans des récits érotiques, voire des plans loufoques dans des séquences tristes, le très beau Un baiser s'il vous plaît d'Emmanuel Mouret joue sur ces enchâssements, sur ce qui pourrit et ce qui germe entre deux corps, sur leur souffrance et leur exultation jamais exclusives.

La trentaine fatiguée, elle est accrochée à son portable depuis près d'un quart d'heure. Sa fillette de deux ans à peine se balance sur la chaise en bois puis se rendort. Elle finit par tomber violemment en arrière, sans je crois se faire trop de mal. La mère crie, la presse contre son coeur, et devant le père qui revient alors du bar avec deux bières, s'écrie : "les enfants, c'est dingue, tu les quittes des yeux quelques secondes, et vlan !" Lui, flegmatique ou peut-être déjà ivre : "C'est les gosses, ça ..."