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31/08/2007

DRAMES

Au sein des rythmes qui nous modèlent, des bienfaits et des malheurs toujours enchâssés, la symétrie et la réversibilité ne sont pas toujours de mise, car si aucune joie n'est sans revers et aucun plaisir sans souffrance ultérieure, aucun drame n'est pour autant effacé par les joies qui parfois lui succèdent.

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Nightmare in Elm Street, de Wes Craven

09:37 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Wes Craven, Boogey-man | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

23/08/2007

LES FORCENES DU LENDEMAIN

A lire ici , sans doute le meilleur texte critique sur l'hagiographie hautaine de Reza.

Ce monde qui sans cesse bouge de là, et qui s'offre à grands frais le vertige de "l'oubli de la veille", avec ces ambitieux qui chassent en cour, ces puissants qui nous entretiennent patiemment de leur puissance, ces libertins inquiets et ces subordonnés toujours d'accord, ces raisonneurs polygraphes et ces poètes du mélange quel qu'il soit pourvu qu'ils s'en recouvrent, c'est le nôtre.
On ne peut prétendre y échapper sans se trahir.

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10:55 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Yasmina Reza, Nicolas Sarkozy, Feydeau | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

22/08/2007

CONTAMINATION

"Tout malaise individuel se ramène, en dernière instance, à un malaise cosmogonique, chacune de nos sensations expiant ce forfait de la sensation primordiale, par quoi l'être se glissa hors d'on ne sait où... " (Cioran, De l'inconvénient d'être né)

"Contaminés par la superstition de l'acte, nous croyons que nos idées doivent aboutir." (Cioran, La tentation d'exister)

"Être moderne, c'est bricoler dans l'Incurable." (Cioran, Syllogismes de l'amertume)

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Le cercle rouge, de Jean-Pierre Melville

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Barton Fink, de Joel et Ethan Coen

14:39 | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Melville, Coen | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

16/08/2007

EXCROISSANCES

Mexique/Etats-Unis, Europe/Maghreb : la civilisation occidentale détruit par sa prétention à l'universalisme et ne parvient pas à se protéger de sa morale utilitaire.

Avec quoi faut-il en finir ? Nous avons tant à abandonner. D'abord tenter de briser "la frénésie de l'organisation sans racine de l'homme normalisé", selon les termes heideggeriens de L'Introduction à la métaphysique.

"Lorsque le dernier petit coin du globe terrestre est devenu exploitable économiquement et que le temps comme provenance a disparu de l'être-là de tous les peuples, alors la question : "Pour quel but ? Où allons nous ? et quoi ensuite ?" est toujours présente et, à la façon d'un spectre, traverse toute cette sorcellerie". (M.H)

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Mala noche, de Gus van Sant

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Caché, de Mickael Haneke

13:50 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Haneke, Gus van Sant, occident, universalisme | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

13/08/2007

NOUVEAU FRANCAIS

Tant que la méchanceté n'a pas mûri, elle est prête à tout moment à se transformer en hystérie. (Alexandre Block)

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People, de Fabien Onteniente

On peut tenter de se rasséréner par

16:35 | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : People, paparazzi, histrionisme, contrats | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

08/08/2007

PIETAS

Bergman envisage la mort (celle des autres comme celle qui nous attend) comme une empreinte insistante, colorant la vie-même de désirs éteints, d'ambitions inconstantes, de tristes inachèvements, d'actes manqués. Elle est le terme d'où pourtant tout découle. Scorsese la dépeint comme une ombre passagère, une obsession dont il faut parvenir à se défaire, un récit qu'il faudrait savoir taire, une pulsion qu'il convient de contrôler, afin d'être sauvé.
Les vieux mondes mélancoliques s'éteignent, déposant les armes sans plus rien maudire. Le nouveau monde hygiénique s'étend, allumant partout mais sans y croire, les contrefeux qui demain le ruineront.

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Cris et chuchotements, d'Ingmar Bergman : imaginer en tout instant notre mort.

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A tombeau ouvert, de Martin Scorsese : patienter en espérant la petite mort.

18:00 | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Ingmar Bergman, Martin Scorsese, mort, pietà | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

06/08/2007

VACANCY

Sous ses allures de série B ultra-violente et décomplexée, à une époque où le réalisateur Eli Roth est salué par Télérama, Motel de Nimrod Antal apparaît comme l'antidote hollywoodien idéal au Funny games d'Haneke, énumérant fébrilement tous les recours encore disponibles face à la barbarie, jusqu'à fausser le temps, afin que le crime n'ait pas lieu et qu'aucun malaise ne perdure, en clair qu'aucune question embarassante ne soit posée.
Dans le premier Argento, le héros bloqué entre deux portes de verre ne pouvait agir mais voyait tout. A cette impuissance passagère, gage de formalisation et de science futures, à cette immobilité inaugurale créant littéralement le mouvement du film, répondent quatre décennies plus tard les gesticulations de ce couple figé derrière la fenêtre de sa chambre, qui ne voit rien (tout se passe en sous-sol) mais ne cesse d'agir en tous sens ; ce qui lui permettra de retrouver ce qu'il pensait avoir perdu : un cocon.
A la tranquille singularité des personnalités répond l'indifférenciation volubile des hyperindividualistes ; à la réflexion posée, le bougisme ostentatoire.
Un film éminemment sarkozien ?

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L'oiseau au plumage de cristal, de Dario Argento


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Motel, de Nimrod Antal

12:20 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Taguieff, Antal, Motel, Argento | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

02/08/2007

LA SOCIETE DES SOMMATIONS

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Simone, d'Andrew Niccol


Glissons !
Elle nous mène où il faut.
Pas d'atermoiements, sauf erreur,
Pas d'ennui.
C'est chaud, la Visa, mais ça tient.
Attention aux marches et attention au chambranle.
Eurydice en négatif, tu nous guides puisque tu ne te retournes pas !
On peut te filer.
Je m'consomme.
Je veux de la déco d'hôtel de passe décalée.
De la tentation.
Je veux de la découverte de peuplades,
Et beaucoup de contre-ut.
Pourquoi ces cris ?
On n'est pas bien là, dans le sillage des hanches, humant sans tituber ?
Rebrousser chemin ?
Trop tard pour singer autre chose !
Sous le linceul rayé comme un suaire de chez Dior,
Causes et peines perdues,
Les traits impeccablement tirés,
Enfin statufié.
Je m'empresse d'être attendu
Et je serais mort ?

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Blow out, de Brian de Palma

01/08/2007

SALUT

L'implacable sociologie dionysiaque de Maffesoli est la seule alternative crédible à celle de Muray, mais faut-il choisir ?
Quelques extraits de son dernier essai où la participation, l'initiation fraternelle, l'interdépendance reprennent leurs droits, envoyant aux oubliettes le besoin de domination des individualistes moraux.
Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann ont-ils vraiment existé, se demandent les chiens, un soir, à la veillée.


"...penser tout à la fois la décomposition du monde moderne et de sa morale universelle..."

"...il s'agit d'un travail de sape qui permettra l'effondrement de ces institutions totalement pourries...Rien ni personne ne se reconnaît plus en elles, et pourtant, comme si de rien n'était, elles continuent à dire le droit, à édicter ce qui devrait être."

"Disons-le tout net, la morale est cela même qui représente un monde qui n'est plus."

"Ce monde qui n'est plus, c'est celui reposant sur la foi messianique dans l'Histoire. L'Histoire, divinité des temps modernes, va fonder la morale universelle sur la croyance en sa Loi : celle de l'émancipation qu'elle propose. Les grands totalitarismes du XXe siècle auront, chacun, une interprétation de cette émancipation, mais l'utopie communiste, le millénarisme national-socialiste, ou la société sans risques du libéralisme ont, tous, un moteur identique : il y a un Salut possible."

(Michel Maffesoli, Le réenchantement du monde, La Table Ronde)

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Le jour d'après, de Roland Emmerich

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L'incendie du temple, de Monsu Desiderio

14:05 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Maffesoly, Muray, totalitarismes | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |