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C I N E M A T I Q U E - Page 30

  • PANNE

    Sur la blogosphère, une panne d'inspiration n'est jamais grave, cela permet au contraire de passer plus de temps chez les autres, et d'ainsi lire ailleurs ce que l'on aurait du écrire.

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    Sur l'ahurissant conformisme des professionnels du cinéma qui ne connaissent pas Michaël Powell et qui n'ont retenu de géants comme Aldrich ou Godard que ce que l'on enseigne à l'école, on peut lire ceci.

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  • PARCOURS

    27920.jpgLe parcours commence par la délectation : pister les indices, regrouper les preuves, rassembler les signes ; le sens importe peu. Il y a dans les intrigues, puis dans l'architecture des films, de quoi s'émerveiller de jeux de pistes, d'interférences et de reflets. Dans les méandres de ce qui se dissimule sur l'écran peut naître une jouissance toujours brève mais inlassablement reprogrammée. L'écran est un cache qu'il faut savoir déplacer.

    ph050297.jpgEnsuite seulement l'amour vient s'en mêler. Amour des formes qui nous ont fascinés, amour des êtres qui nous y ont amenés. Les histoires amoureuses favorisées, brisées, relancées par les films qui les ont accompagnées se mêlent aux récits et aux choix esthétiques de ces oeuvres pour ne plus faire qu'un. Il y a ainsi les années Godard où l'on aime avec paradoxes, les années Carax où l'on aime jusqu'au bout, les années Guédiguian où l'on aime sans illusion etc... Derrière l'écran, les sentiments bousculés s'enchevêtrent. Le cinéma est un art d'aimer et la cinéphilie une répétition générale.

    tenebrae2.jpgMais à force de redites et d'impasses, les rencontres ne ravissent plus. Il nous faut pénétrer, littéralement, dans le psychisme des êtres qui nous aiment et que l'on assure aimer, connaître leurs raisons, s'appesantir sur leurs motifs, et plus aucun film n'est innocent. Derrière les formes envoûtantes se tapissaient en fait de tristes manigances. Le cinéphile est en échec permanent, car la peur est entrée dans sa chambre et l'enfance est bien loin. L'écran ne laisse plus passer que son regard inquiet, à jamais dessillé.

    le_prisonnier_8.jpgAlors tout s'enchaîne. On couche toujours avec les mêmes morts et l'accumulation ne guérit plus. Les théories s'affrontent et s'excluent. Les niveaux de réalité se brouillent tandis que les rêves finissent tous en fondu au noir. Les films comme autant de stigmates, les ruptures et les trahisons comme autant de plaies à chérir avec complaisance. Tenus à la gorge, recouverts d'images, le passé, pour nous, ne passera jamais plus. L'écran semble nous avoir englués pour toujours et les films sont nos volets de fer.

    trou2.gifLa brèche est là, définitivement. Si le coeur se brise ou se bronze, parfois simplement il s'absente. Tout est relatif et plus rien ne s'ordonne, sauf quelques instants, quelques plans, précieusement collectés. Une vision inattentive mais panoptique, la seule qui vaille encore, nous permet de recueillir quelques lambeaux de poésie. Un corps, un film, tout peut arriver si l'on ne s'approche pas de trop près, ni trop longtemps, si l'on sait contourner les refrains morbides.

    trou.gifEt puis un jour tout s'éteint et tout flambe, dans un grand rire ni cynique ni gai, juste libre. Le cinéma percé de part en part ne repassera plus les plats. Le cinéphile a tout oublié, même ce qu'il avait détruit, même ce qu'il avait adoré. Il n'y a plus aucun écran entre lui et le monde. Il était temps.





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    1) La ronde de nuit, Peter Greenaway
    2) Une journée particulière, Etorre Scola
    3) Ténèbres, Dario Argento
    4) Le Prisonnier, série TV de Patrick Mac Goohan
    5) et 6) Little Odessa, James Gray

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  • MISHIMA

    9.jpg"Tout autour de lui, dans l'immensité et le désordre, s'étendait le pays pour lequel il souffrait. Il allait lui donner sa vie. Mas ce grand pays, qu'il était prêt à contester au point de se détruire lui-même, ferait-il seulement attention à sa mort ? Il n'en savait rien ; et tant pis. Il mourait sur un champ de bataille sans gloire, un champ de bataille où ne pouvait s'accomplir aucun fait d'armes : le lieu d'un combat spirituel."

    (Yukio Mishima, Patriotisme)


    Yukoku : le film du pouvoir tombé.

    Il est aujourd’hui d’usage de collecter en tous lieux, des faits bruts, du réel dûment enregistré, de l’authentique incontestable afin de les intégrer dans le confort d’une fiction, littéraire ou cinématographique, qui se chargera de les avaliser, c’est-à-dire de leur octroyer une position dominante tout en leur donnant une portée universelle. Dans le même temps, ces fictions échappent au scandale de « l’art gratuit » puisqu’elles témoignent et relayent, devenant ainsi de véritables « actes citoyens ». Nous vivons bien au temps d’Entre les murs de Laurent Cantet, et plus du tout de Pipicacadodo de Ferreri ; celui qui ne sonne pas juste ou ne fait pas vrai peut aller se rhabiller. Et c’est ainsi qu’aucune échappée, aucun lyrisme ni aucune complexité ne peuvent sourdre d’œuvres ainsi homologuées, certifiées conformes par le prisme exclusif de la médiocratie.

    A suivre ici

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  • ATTENTION LUNETTES !

    homme_invisible.jpgS’il y a bien un point commun à l’ensemble des « productions Thomas Langmann », qui dans leur quasi-totalité sont de sombres navets, c’est bien leur souci d’accumuler des séquences, des comédiens, des décors et des accessoires afin d’éviter les scènes vides, les temps morts, les risques de non reconnaissance visuelle, tous ces moments susceptibles de sécréter une distanciation active, soit ce qui pourrait s’apparenter à un jugement. Même si on ne peut bien sûr mettre le cinéaste Richet (justement parce qu’il est cinéaste), sur le même plan que les précédents employés du monsieur, le premier film du diptyque sur Jacques Mesrine, L’instinct de mort, ne déroge pas à cette règle. Ainsi n’est-il jamais question de s’appesantir sur ce qui gène le pas de charge, sur ce qui entrave le virevoltant : baisers ou coïts, dialogues filiaux (Mesrine et son père, Mesrine et sa fille) ou contemplation de paysages, ne doivent ni faire respirer un film qui tient à se donner du souffle, ni orienter différemment son discours rôdé d’avance (en gros, "nique le système et tu mériteras le respect, c'est important le respect"), ce ne sont ni des pauses ni des soupirs, justes de brèves ponctuations, vivement interrompues par le mot d’auteur, le personnage qui sort du plan ou s’y introduit, le coup de feu brutal.

    Les paradoxes d’un individu comme Mesrine (dont il semble bien cependant que le caractère pyschopathique suffise à en expliquer les soudaines variations, ce qui limite quelque peu les perspectives sociales ou politiques) ne peuvent alors être abordés autrement que par la juxtaposition de saynètes ostensiblement contradictoires ; pas de complexité interne aux plans ou aux séquences, au découpage ou au montage, ceux-ci se devant de rester justement le plus lisibles possibles. Comment dès lors, sans finesse ni patience, faire apparaître rapidement le positionnement de chacun des protagonistes et ce qui leur tiendra lieu d’éventuelle évolution ? Les jeux d’acteurs se devant d’être parfaitement reconnaissables, bien acclimatés et sans heurts, la mise en scène étant incapable de faire varier ses focales et ses angles toujours subordonnés à suivre la gestuelle en cours, enregistrant une rixe, un casse, une partie de poker ou un slow avec le même attention illustrative, alternant les champs/contrechamps du moment que ceux-ci soient mobiles (on ne compte plus les esquisses de travellings et de panoramiques qui ne semblent avoir d’autres buts que d’injecter un peu partout, sans discrimination, « de l’urgence »), il ne reste plus qu’à se servir d’astuces pour faire passer vivement le message. L’accessoire vient alors suppléer aux rigidités de mise-en –scène et aux monolithismes de l’interprétation : la paire de lunettes apporte ainsi la touche psychologique indispensable.

    Mesrine est complexe et insaisissable comme ses lunettes opaques du générique d’ouverture, cadrées sous tous les angles, le signalent dûment ; le caïd en chef (Depardieu) est un homme aux intentions troubles comme ses grosses lunettes en verre fumé l’assurent, ternissant l’éclat de son regard et lui mangeant les traits ; le père de Mesrine (Michel Duchaussoy) est un petit-bourgeois introverti comme l’exige sa petite monture plaqué sur des yeux assurément frileux ; Jeanne Schneider (Cécile de France) passe par une phase de séduction et de détermination, impeccables lunettes à rebords élégamment relevés vues de face, puis de peur et de renoncement à cette vie de cavale, lunettes légèrement tordues en discrète contre-plongée de trois quart ; le milliardaire qui emploie Mesrine et sa compagne avant d’un jour brutalement les renvoyer, regarde tantôt à travers, tantôt par-dessus ses lunettes, il développe à n’en pas douter un double langage, etc…

    Dans ce cinéma sérieux comme un pape et plein de sous-entendus sociétaux et de saines colères citoyennes, il n’est pas bon de perdre son temps aux nuances. Un seul mot d’ordre : « dis-moi quelles lunettes tu portes, je te dirai dans quel monde on vit. »

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  • REGARDE !

    "Le cinéma dérange la vision. La vitesse des mouvements et la rapidité de la succession des images contraignent l’homme à une survision constante. Le regard ne s’empare pas des images, ce sont elles qui s’emparent du regard. Elles inondent la conscience. Le cinéma implique que l’œil qui jusque là était demeuré nu, revête l’uniforme. Si l'oeil est la fenêtre de l'âme, les films en sont les rideaux de fer." (Franz Kafka cité par Raymond Abellio, in L'esthétique de la fin des temps)

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    Orange mécanique, de Stanely Kubrick
    L'échelle de Jacob, d'Adrian Lyne
    Opéra de Dario Argento
    The Island, de Michael Bay
    La Troisième Mère, de Dario Argento

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  • LATERALISATION

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    A gauche de l'écran, le point focal resplendit : il captive et engloutit, fascinant jusqu'à sa fin le personnage qui le contemple, puis perdant le spectateur dans son orbe sinistre, donnant au hors-champ éblouissant l'attrait passager du désir, avant que tout s'éteigne dans un chatoyant déséquilibre puisque le cinéma n'aime rien tant que déjouer l'harmonie, ses fictions asymétriques menant de toutes sortes de manières vers la mort, celle de ses protagonistes comme celle du regard.

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  • HYPERMNESIE (fin)

    peepingtom.jpgJe me souviens des masques d’animaux que portaient en toutes circonstances les acteurs dirigés par les Dark Bros

    Je me souviens du clou dissimulé dans la barre de nougat gagnante, à l’entracte du Vendôme

    Je me souviens de la buée sur la vitre masquant les pleurs de Lulu, à l’aube de l’an 2000, au tout dernier plan d’Heimat 3

    Je me souviens des chaussures suspendues de Big Fish , comme autant de renoncements cachés aux regards

    Je me souviens des listes patiemment égrenées, violemment inutiles et infiniment troublantes de chacun des films de Peter Greenaway

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  • HYPERMNESIE (4)

    dbn94.jpgJe me souviens chez Hawks d’un aveu d’adultère précipité devant les yeux écarquillés d’un soldat trompé, paraissant découvrir sa femme en train d’embrasser un autre homme, alors qu’aveugle depuis peu il n’avait en fait rien vu

    Je me souviens des très petits seins de Louise Brooks s’échappant avec véhémence de son corsage

    Je me souviens des grimages de Sean Penn, identiques du père outragé à l’avocat véreux et cependant bouleversantes

    Je me souviens des passagers de l’Omnia, fuyant jusqu’aux regards-caméra de Brigitte Lahaie et d’Olinka

    Je me souviens de Big Tuna, la ville de motels puant le vomi, tombeau de la civilisation occidentale et raccourci effarant du déclin américain, qui vit pour la première fois Sailor ne pas désirer posséder Lula

    Je me souviens des émouvants échafaudages mal dissimulés d’Intolérance

    Je me souviens de la chute de Carax, dérapant sur la neige juste avant d’atteindre sa caméra

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  • HYPERMNESIE (3)

    376934394_782d3e75f6.jpgJe me souviens de la brièveté du rire de Donna Reed

    Je me souviens des vaches blessées de La Horse

    Je me souviens des diagonales volontairement instables des travellings des années 70

    Je me souviens des éclats de rire connivents lors de la fellation du Diable au corps de Bellochio, projeté au Wepler, et des silences troubles lors de ces mêmes actes incessamment répétés quelques mètres plus loin, dans une petite salle de cinéma permanent du Boulevard de Clichy

    Je me souviens du short blanc de Lana Turner et de ce plan américain inversé, la cadrant des hanches aux pieds

    Je me souviens des New Wave Hookers

    Je me souviens de Mireille Darc en veuve ingénue, et de son bikini sous la voilette

    Je me souviens des panoramiques légers, des travellings latéraux discrets, des plans fixes sur la point des pieds, détaillant successivement et avec douceur l’immobilité de chacun des personnages endormis près du Fleuve, jusqu’à celle de l’enfant tué par le serpent

    Je me souviens des trois premiers rôles de Sandrine Bonnaire, puis plus rien

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  • HYPERMNESIE (2)

    laura.jpgJe me souviens du poulailler humain de Pain et chocolat

    Je me souviens de la bouche exagérément ouverte de Donald Sutherland, à la toute fin d’un film d’anticipation dont je ne me souviens plus du nom

    Je me souviens de mon père récitant à mi-voix des tirades de Saturnin Fabre

    Je me souviens du regard fou de Michael Redgrave lors d’un combat de rue entre deux mexicains

    Je me souviens du rêve pénétrant de Noodles

    Je me souviens de l’ironie de l’Oiseau

    Je me souviens des chevaux-métaphores d’Asphalt Jungle et des Misfits

    Je me souviens des attentions de Marilyn Jess

    Je me souviens d’insectes pris au piège mais laissés libres, quelques plans avant la fin du film, chez Luis Bunuel comme chez Dario Argento

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  • HYPERMNESIE (1)

    colonne2_bannissement_miroir.jpgJe me souviens des actrices mal habillées de Téchiné, de leurs gilets amples et de leurs pantalons trop courts

    Je me souviens des caresses de Delon sur la joue des femmes, presque toujours avec le dos de la main

    Je me souviens du regard violet de Michelle Wild

    Je me souviens de Michel Aumont, profondément endormi au dernier rang d’une salle où je distribuais l’été quelques cornets à l’entracte. Il me parut semblable à tous les cadavres qu’il avait joués, déclenchant chez moi une sorte d’admiration

    Je me souviens de l’elliptique harem d’Emmanuelle 5, brèves minutes de cinéma de la part d’un Borowczyk déchu

    Je me souviens de la violence des films d’Henri Pachard

    Je me souviens de ma mère qui lors de scènes osées, me demandait de mettre une main devant les yeux et y rajoutait la sienne

    Je me souviens du bruit des vagues lors du regard-caméra de l'ultime plan de La dolce vita, des 400 coups, du Petit lieutenant.

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  • PAYSAGE (S)

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    Il est des films, des livres, des paysages et des individus, que l’on rencontre sans qu’ils aient sur nous la moindre influence consciente : ils glissent, nous parfument ou nous distraient un instant et puis s’en vont. Peut-être à leur manière nous construisent-ils, mais dans ce cas, sans que nous en ayons la moindre intuition. A l’inverse certaines œuvres, certains êtres et certains lieux nous fondent, en toute connaissance de cause, ils sont pour nous, dans une âme et un corps, ce qui marque et constitue. Durant ces vingt dernières années, les dix films français suivants ont réellement modifié (du moins en suis-je intimement persuadé, ce qui ne prouve rien, tant nous sommes aveugles à nous-mêmes) ma façon de comprendre mon passé, d’aborder l’autre et d’envisager l’après ; accessoirement, ils ont aussi transformé ma vision du cinéma, bousculant certaines hiérarchies et en confortant d’autres, me permettant de découvrir des films négligés ou rejetés, mais également de rendre négligeables des films jusque là respectés.

    Quelques jours avec moi, de Claude Sautet (88)

    Les maris les femmes les amants, de Pascal Thomas (89)

    Les patriotes d’Éric Rochant (94)

    Pola X de Léos Carax (99)

    Ainsi soit-il de Gérard Blain (00)

    L'Anglaise et le Duc d’Eric Rohmer (01)

    Éloge de l'amour de Jean-Luc Godard (01)

    Choses secrètes, de Jean-Claude Brisseau (02)

    Le Fils de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne (02)

    Flandres de Bruno Dumont (06)

    Je remercie tous ceux qui se sont pris au jeu et m’ont livré ainsi un pan de leur paysage cinématographique. Les voici, sans ordre particulier, inutile de préciser que cela change des consensus habituels ! (D’ores et déjà, je prie Richard G de me faire à nouveau parvenir sa liste : un souci informatique m’a fait disparaître ces données. Qu’il veuille bien m’excuser).


    Anaximandrake :

    De bruit et de fureur, Jean-Claude Brisseau (1988)
    Van Gogh, Maurice Pialat (1992)
    La Sentinelle, Arnaud Desplechin (1992)
    Les derniers jours d'Emmanuel Kant, Philippe Collin (1994)
    Conte d'été, Eric Rohmer (1996)
    Généalogie d'un crime, Raoul Ruiz (1997)
    Sicilia!, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (1999)
    Les Amants réguliers, Philippe Garrel (2005)
    Cœurs, Alain Resnais (2006)
    Ces rencontres avec eux, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (2006)

    Tlön :

    1) De Bruit et de fureur - Brisseau - 1988
    2) Nouvelle vague - Godard - 1990 (je sais c'est suisse !)
    3) Van Gogh - Pialat - 1991
    4) La Belle Noiseuse - Rivette -1991
    5) La Cérémonie - Chabrol - 1995
    6) La Servante aimante - Douchet - 1997
    7) On connait la chanson - Resnais - 1998
    8) Esther Khan - Desplechin - 2000
    9) La série des contes (hiver, printemps, été, automne) - Rohmer (je sais il y en a 4 !)
    10) De battre mon coeur s'est arrêté - Audiard - 2005

    Les outsiders :

    Les Patriotes - Rochant - 1994
    A ma soeur - Breillat - 1998
    St Cyr - Mazuy - 2000
    Ressources humaines - Cantet - 2000
    L'Anglaise et le Duc - Rohmer - 2001
    10 éme chambre - Depardon - 2004
    OSS 117. Le Caire nid d'espion - Hazanavicius – 2006


    Sébastien Carpentier :

    1 - Claude Sautet - Un cœur en hiver (1991)
    2 - Peter Watkins - La Commune (1999-2007)
    3 - Abdellatif Kechiche - La graine et le mulet (2007)
    4 - Jean-Claude Rappeneau - Cyrano de Bergerac (1990)
    5 - Michael Haneke - Caché (2005)
    6 - Laurent Cantet - Ressources humaines (1999)
    7 - Michel Deville - La maladie de Sachs (1999)
    8 - Krzysztof Kieslowski - La double vie de Véronique (1991)
    9 - Jacques Rivette - Ne touchez pas la hache (2007)
    10 - Jose Luis Guerin - Dans la ville de Sylvia (2008)

    On objectera peut-être que ni Watkins, ni Haneke, ni Kieslowski, ni Guerin ne sont français… Aussi rajoutè-je les films suivants en queue de liste :

    11 - Tony Gatlif - Gadjo dilo (1998)
    12 - André Téchiné - Loin (2001)
    13 - Robert Guédiguian - Le promeneur du Champ-de-Mars (2005)
    14 - Emmanuel Mouret - Un baiser s'il vous plaît (2007)

    Et comme je suis frustré de n'avoir pu faire figurer en bonne place la Promesse des Dardenne du fait de leur belgitude, je me console en rajoutant (hors compétition) un documentaire :

    HC - Raymond Depardon - 10ème Chambre, instants d'audience (2004)


    Damien:

    Histoire(s) du cinéma" (Jean-Luc Godard)
    (chef d'oeuvre incontestable, mais comme JLG est suisse et qu'il ne s'agit pas exactement d'un film, est-ce que c'est valable ?)

    "Y aura-t-il de la neige à noël ?" (Sandrine Veysset)
    (la plus belle réussite, à ma connaissance, d'un cinéma réaliste tout entier dévoué à capter l'humain dans sa vérité)

    "L'anglaise et le duc" (Eric Rohmer)
    (très grand film historique, et jamais les nouvelles techniques de l'image n'ont été aussi bien utilisées pour reconstituer une époque)

    "Esther Kahn" (Arnaud Desplechin)
    (l'un des plus beaux films sur le théâtre et l'art de l'acteur)

    "Van Gogh" (Maurice Pialat)
    (simple et bouleversant, contre tous les clichés attendus et tous les pièges biographiques)

    "Ridicule" (Patrice Leconte)
    (oui oui, les cinéphiles peuvent aboyer, oui Leconte est un tâcheron, mais ce film restera pour la grâce des acteurs et l'excellence des dialogues de Remi Waterhouse, dans la lignée d'un cinéma très verbal : Duvivier, Carné-Prévert, etc.)

    "OSS 117 : Le Caire, nid d'espion "(Michel Hazanavicius)
    (tout simplement la meilleure comédie française de ces 20 dernières années)

    "Urgences" (Raymond Depardon)
    (Il faut au moins un documentaire dans cette liste. C'est celui-ci qui m'a le plus marqué)

    "Huit femmes" (François Ozon)
    (subtil, ironique, décalé, un grand film sur le mirage des apparences et les rapports de pouvoir, entre autres)

    Trouble every day (Claire Denis)
    (un des films les plus flippants que j'aie vus, ce qui est très rare dans le cinéma français)


    Skoteinos :

    Van Gogh, de Maurice Pialat
    Le garçu de Maurice Pialat
    L'Enfer de Claude Chabrol
    La Cérémonie de Claude Chabrol
    Betty de Claude Chabrol

    Dans les commentaires de la note précédente (Paysage), figurent les listes de Préau, d'Arnaud, de Jérôme, du Dr Orlof..
    Dans les commentaires de celle-ci, figure celle d'Isabelle, de Polyphème, d'Hyppogriffe, de Jacques Sicard, et de Montalte.

    Sur leur blog figurent ce matin, celles de Joachim, d'Edisdead, de Talmont et de Vincent.

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    Après avoir longuement parcouru ces divers palmarès, je me garderais bien d'en établir une quelconque synthèse, leur diversité prouvant justement, loin des consensus et des compromis, que l'hétérogénéité du cinéma français en est sa principale force. Je peux sans doute me tromper, mais je persiste à penser qu'une telle liste pour le cinéma américain ou asiatique, comme cela été soulevé dans les commentaires, comporterait beaucoup plus de films communs entre les participants ; tant qu'un tel questionnaire toutefois n'aura pas été soumis, ceci peut ressembler à une assertion gratuite.

    On pourra noter que le cinéaste le plus cité, et pour des films divers selon les intervenants, est Eric Rohmer, mais qu'Arnaud Desplechin n'est pas loin derrière, que Chabrol/Rivette/Resnais demeurent des valeurs sûres. Je suis heureux de voir la fortune de malaimés comme Léos Carax ou Bruno Dumont, plusieurs fois cités, et la très faible représentation de la mouvance tant acclamée, Assayas/Ozon/Honoré/Klapisch, cinéastes que je réunis peut-être arbitrairement ici, mais qui me semblent développer une démarche commune de "vouloir dire " et d'"à la manière de". L'impressionnante cohérence des univers de Brisseau ou de Guédiguian a ses admirateurs, mais il me semble être le seul à citer Gérard Blain et nous ne sommes que deux à penser à Pascal Thomas. Quant à Blier ou Corneau, ils sont aux abonnés absents, de même que la quasi-totalité des cinéastes féminins si l'on excepte Catherine Breillat. Enfin, les documentaires de Depardon sont plusieurs fois mentionnés.

    La richesse d'une telle confrontation de points de vue m'a en revanche rasséréné, ne serait-ce que parce que dans chacune de ces listes, un film m'est à chaque fois inconnu, et qu'il est à présent temps de les voir.

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