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15/12/2008

TRAVAIL AU NOIR

Quatre nuits durant, dans la chambre où il était entré par la fenêtre ouverte pour le chat, quoi qu’il fît en vérité, l’homme mouilla l’un de ses doigts ; quatre nuits durant, il en promena le doigtier de salive sur les lèvres du sexe de la femme endormie ; quatre nuits durant, ce fut aussi doux que la Béatrice au pastel d’Odilon Redon et n’eut pas plus de réalité qu’elle ; car nul besoin d’un mur pour empêcher cette caresse, son effleurement vrai ; quatre nuits durant, malgré une communauté de cauchemar, de désir et de condition, chacun pauvre et nu, le doigt est d’un côté et les lèvres de l’autre ; quatre nuits durant, l’appendice branleur, insomniaque, assassine le marchand de sable, tandis que les nymphes entrouvertes reposent dans le lit du sommeil, ce vieux gardien de l’ordre. (Jacques Sicard)

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11/12/2008

TROMPE L'OEIL

Le lecteur peut se demander quelle distinction je fais entre la féminité vraie et la mascarade. En fait, je ne prétends pas qu’une telle différence existe. Que la féminité soit fondamentale ou superficielle, elle est toujours la même chose. (Joan rivière, La féminité en tant que mascarade, 1929, cité ici)

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Une femme qui a un amant est un ange, une femme qui a deux amants est un monstre, une femme qui a trois amants est une femme. (Victor Hugo)

09/12/2008

UNE FEMME A SA FENETRE

Lorsque Leonard Kraditor dialogue avec sa voisine d'immeuble, de fenêtre à fenêtre, au-dessus de la petite cour, comment se fait-il que je ne pense pas à Rear Window mais à Anna Karina dans le Pain et chocolat de Franco Brusati ?

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Lorsque Leonard danse, envoûté par le charme de Michelle dans la boîte de nuit, avant d’être brutalement ramené au réel, comment se fait-il que je n’y vois pas un « rock dream » mais bien la mélancolie d’un Guédiguian lors de ses attentives scènes de bal ?

Lorsque Leonard hésite entre la femme offerte et celle auréolée de mystère, entre la blonde et la brune, comment se fait-il que je ne pense ni à Vertigo ni à Lynch, mais avant tout aux dilemmes de Léos Carax ?

Lorsque je vois Two lovers de James Gray, comment expliquer que je ne pense pas un instant aux comédies romantiques américaines ou à Douglas Sirk mais aux Nuits blanches de Dostoïevski et à la Nuit fantastique de Marcel Lherbier ?

Suis-je définitivement perdu pour le cinéma hollywoodien ?

04/12/2008

MELODIE EN SOUS-SOL

Il y a peu, nous vivions le temps où l'on pouvait se rengorger de posséder la superbe anthologie de littérature érotique de Pauvert (alors que quelques décennies plus tôt, personne ne s'en serait vanté publiquement) mais où il était indécent de mentionner certains noms d'écrivains ou de poètes comme Brasillach. Aujourd'hui, nous vivons le temps où Sade est en Pléiade et où le Journal de Goebbels se vend en supérette. Il reste les révisionnistes (mais nous parlons de littérature) et les pédophiles qui décidément rechignent à se présenter à la barre du Spectacle, quoique Tony Duvert, si je ne m'abuse, a bien été publié aux peu clandestines Editions de Minuit. Il reste encore des auteurs ou des livres cependant, qu'il ne fait pas bon mettre sur le devant de sa bibliothèque. Il est facile de s'en rendre compte lors de la visite de connaissances voire d'amis, ou bien de commentateurs de blogs, comme Damien vient d'en faire l'expérience. Sa réponse est d'ailleurs exemplaire, et je fais d'avance mienne sa conclusion ("Ne craignez pas de tels livres. Méfiez-vous plutôt de votre bonne conscience d'honnête homme").

Ainsi après le grand provocateur du Café, dont tout un chacun pourra par ailleurs s'instruire de la rigueur d'analyse, et le secret Docteur dont la cave est fort bien achalandée, voici quelques oeuvres des recoins peu corrects de ma bibliothèque :

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Et puis enfin, mais sans image de couverture pour des raisons purement techniques, ce qui ne manque pas de sel, l'Eloge du con. Défense et illustration du sexe féminin, de Gérard Zwang, aux éditions La Musardine.

02/12/2008

L'ARME A L'OEIL

De Télérama au Nouvel Obs, de Libération aux Cahiers, ils sont venus, ils sont tous là. Cela valait bien la peine de se moquer de l'esthétique des "téléphones blancs", ou de s'offusquer de l'éthique du Joel Schumacher d'A time to kill, si c'était pour finir par accepter ça en toute quiétude.

Le classicisme aussi, est affaire de morale.

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15:48 | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : eastwood, schumacher, l'échange | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

27/11/2008

GAGNANT GAGNANT

Une parade chasse l’autre. Le festival de Cannes est toujours pour bientôt. Je me souviens des trois palmes d’or de Barton Fink, quatrième opus des frères Coen, décernées par Roman Polanski, il y a quinze ans de cela. Avec son hôtel kubrickien, ses silhouettes faulknériennes, ses sous-entendus minelliens, ses plans anodins délivrant soudain leur sens caché, ce film sonnait comme un écho lugubre aux fantaisies pourtant déjà mélancoliques d’un Billy Wilder contemplant Hollywood. Les Coen distribuaient alors avec élégance de copieuses gifles à l’engeance du Show et de ses plus ardents producteurs. Attentifs à suivre littéralement le trajet d’un moustique, brûlant sans hésitation leur décor, additionnant les entorses aux logiques scénaristiques les plus éprouvées, ils osaient mettre en abyme la définitive vacuité de leur incontestable savoir-faire technique.

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Le formalisme enfin devenait inquiet. Bien sûr, grâce à Aldrich, Renoir, de Palma ou Greenaway, nous connaissions déjà le poids de l’artifice et les dangers conséquents de la fascination. Se joignant à ces maîtres en désillusion, les frères Coen parlaient à leur tour, sans avoir l’air d’y toucher, de création et de dévastation, de simulacres auto-engendrés et de systèmes viciés, nous présentant un cauchemar en bonne et due forme.

Derrière le papier-peint qui anormalement se décollait par endroits, on pouvait toujours, pour se rassurer, chercher les cafards de la fable politique de Romero (Creepshow) ou les maléfices des Mères d’Argento (l’iris peint sur la cloison de Suspiria, le décorum morbide de la maison d’Inferno), tandis que sous l’apparence maniériste de métaphores tendant vers l’abstraction, n’apparaissait in fine à l’écran que l’univers mental d’un tout petit monsieur, Barton Fink, intermittent piteux d’un Spectacle en pleine démesure, à tout jamais gagnant.

09:24 | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : barton fink, joel et ethan coen | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

25/11/2008

PANNE

Sur la blogosphère, une panne d'inspiration n'est jamais grave, cela permet au contraire de passer plus de temps chez les autres, et d'ainsi lire ailleurs ce que l'on aurait du écrire.

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Sur l'ahurissant conformisme des professionnels du cinéma qui ne connaissent pas Michaël Powell et qui n'ont retenu de géants comme Aldrich ou Godard que ce que l'on enseigne à l'école, on peut lire ceci.

14:11 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

13/11/2008

PARCOURS

27920.jpgLe parcours commence par la délectation : pister les indices, regrouper les preuves, rassembler les signes ; le sens importe peu. Il y a dans les intrigues, puis dans l'architecture des films, de quoi s'émerveiller de jeux de pistes, d'interférences et de reflets. Dans les méandres de ce qui se dissimule sur l'écran peut naître une jouissance toujours brève mais inlassablement reprogrammée. L'écran est un cache qu'il faut savoir déplacer.

ph050297.jpgEnsuite seulement l'amour vient s'en mêler. Amour des formes qui nous ont fascinés, amour des êtres qui nous y ont amenés. Les histoires amoureuses favorisées, brisées, relancées par les films qui les ont accompagnées se mêlent aux récits et aux choix esthétiques de ces oeuvres pour ne plus faire qu'un. Il y a ainsi les années Godard où l'on aime avec paradoxes, les années Carax où l'on aime jusqu'au bout, les années Guédiguian où l'on aime sans illusion etc... Derrière l'écran, les sentiments bousculés s'enchevêtrent. Le cinéma est un art d'aimer et la cinéphilie une répétition générale.

tenebrae2.jpgMais à force de redites et d'impasses, les rencontres ne ravissent plus. Il nous faut pénétrer, littéralement, dans le psychisme des êtres qui nous aiment et que l'on assure aimer, connaître leurs raisons, s'appesantir sur leurs motifs, et plus aucun film n'est innocent. Derrière les formes envoûtantes se tapissaient en fait de tristes manigances. Le cinéphile est en échec permanent, car la peur est entrée dans sa chambre et l'enfance est bien loin. L'écran ne laisse plus passer que son regard inquiet, à jamais dessillé.

le_prisonnier_8.jpgAlors tout s'enchaîne. On couche toujours avec les mêmes morts et l'accumulation ne guérit plus. Les théories s'affrontent et s'excluent. Les niveaux de réalité se brouillent tandis que les rêves finissent tous en fondu au noir. Les films comme autant de stigmates, les ruptures et les trahisons comme autant de plaies à chérir avec complaisance. Tenus à la gorge, recouverts d'images, le passé, pour nous, ne passera jamais plus. L'écran semble nous avoir englués pour toujours et les films sont nos volets de fer.

trou2.gifLa brèche est là, définitivement. Si le coeur se brise ou se bronze, parfois simplement il s'absente. Tout est relatif et plus rien ne s'ordonne, sauf quelques instants, quelques plans, précieusement collectés. Une vision inattentive mais panoptique, la seule qui vaille encore, nous permet de recueillir quelques lambeaux de poésie. Un corps, un film, tout peut arriver si l'on ne s'approche pas de trop près, ni trop longtemps, si l'on sait contourner les refrains morbides.

trou.gifEt puis un jour tout s'éteint et tout flambe, dans un grand rire ni cynique ni gai, juste libre. Le cinéma percé de part en part ne repassera plus les plats. Le cinéphile a tout oublié, même ce qu'il avait détruit, même ce qu'il avait adoré. Il n'y a plus aucun écran entre lui et le monde. Il était temps.





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1) La ronde de nuit, Peter Greenaway
2) Une journée particulière, Etorre Scola
3) Ténèbres, Dario Argento
4) Le Prisonnier, série TV de Patrick Mac Goohan
5) et 6) Little Odessa, James Gray

11:43 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : greenaway, scola, gray, le prisonnier | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

12/11/2008

MISHIMA

9.jpg"Tout autour de lui, dans l'immensité et le désordre, s'étendait le pays pour lequel il souffrait. Il allait lui donner sa vie. Mas ce grand pays, qu'il était prêt à contester au point de se détruire lui-même, ferait-il seulement attention à sa mort ? Il n'en savait rien ; et tant pis. Il mourait sur un champ de bataille sans gloire, un champ de bataille où ne pouvait s'accomplir aucun fait d'armes : le lieu d'un combat spirituel."

(Yukio Mishima, Patriotisme)


Yukoku : le film du pouvoir tombé.

Il est aujourd’hui d’usage de collecter en tous lieux, des faits bruts, du réel dûment enregistré, de l’authentique incontestable afin de les intégrer dans le confort d’une fiction, littéraire ou cinématographique, qui se chargera de les avaliser, c’est-à-dire de leur octroyer une position dominante tout en leur donnant une portée universelle. Dans le même temps, ces fictions échappent au scandale de « l’art gratuit » puisqu’elles témoignent et relayent, devenant ainsi de véritables « actes citoyens ». Nous vivons bien au temps d’Entre les murs de Laurent Cantet, et plus du tout de Pipicacadodo de Ferreri ; celui qui ne sonne pas juste ou ne fait pas vrai peut aller se rhabiller. Et c’est ainsi qu’aucune échappée, aucun lyrisme ni aucune complexité ne peuvent sourdre d’œuvres ainsi homologuées, certifiées conformes par le prisme exclusif de la médiocratie.

A suivre ici

13:45 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : yukio mishima, renaud camus | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

10/11/2008

IDIOTS UTILES

Les progressistes s’étaient fait voler l’idée de progrès. Ils l’ont récupérée.

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11:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

06/11/2008

SANS ISSUE

L’Amérique redevient aimable

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14:45 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

23/10/2008

ATTENTION LUNETTES !

homme_invisible.jpgS’il y a bien un point commun à l’ensemble des « productions Thomas Langmann », qui dans leur quasi-totalité sont de sombres navets, c’est bien leur souci d’accumuler des séquences, des comédiens, des décors et des accessoires afin d’éviter les scènes vides, les temps morts, les risques de non reconnaissance visuelle, tous ces moments susceptibles de sécréter une distanciation active, soit ce qui pourrait s’apparenter à un jugement. Même si on ne peut bien sûr mettre le cinéaste Richet (justement parce qu’il est cinéaste), sur le même plan que les précédents employés du monsieur, le premier film du diptyque sur Jacques Mesrine, L’instinct de mort, ne déroge pas à cette règle. Ainsi n’est-il jamais question de s’appesantir sur ce qui gène le pas de charge, sur ce qui entrave le virevoltant : baisers ou coïts, dialogues filiaux (Mesrine et son père, Mesrine et sa fille) ou contemplation de paysages, ne doivent ni faire respirer un film qui tient à se donner du souffle, ni orienter différemment son discours rôdé d’avance (en gros, "nique le système et tu mériteras le respect, c'est important le respect"), ce ne sont ni des pauses ni des soupirs, justes de brèves ponctuations, vivement interrompues par le mot d’auteur, le personnage qui sort du plan ou s’y introduit, le coup de feu brutal.

Les paradoxes d’un individu comme Mesrine (dont il semble bien cependant que le caractère pyschopathique suffise à en expliquer les soudaines variations, ce qui limite quelque peu les perspectives sociales ou politiques) ne peuvent alors être abordés autrement que par la juxtaposition de saynètes ostensiblement contradictoires ; pas de complexité interne aux plans ou aux séquences, au découpage ou au montage, ceux-ci se devant de rester justement le plus lisibles possibles. Comment dès lors, sans finesse ni patience, faire apparaître rapidement le positionnement de chacun des protagonistes et ce qui leur tiendra lieu d’éventuelle évolution ? Les jeux d’acteurs se devant d’être parfaitement reconnaissables, bien acclimatés et sans heurts, la mise en scène étant incapable de faire varier ses focales et ses angles toujours subordonnés à suivre la gestuelle en cours, enregistrant une rixe, un casse, une partie de poker ou un slow avec le même attention illustrative, alternant les champs/contrechamps du moment que ceux-ci soient mobiles (on ne compte plus les esquisses de travellings et de panoramiques qui ne semblent avoir d’autres buts que d’injecter un peu partout, sans discrimination, « de l’urgence »), il ne reste plus qu’à se servir d’astuces pour faire passer vivement le message. L’accessoire vient alors suppléer aux rigidités de mise-en –scène et aux monolithismes de l’interprétation : la paire de lunettes apporte ainsi la touche psychologique indispensable.

Mesrine est complexe et insaisissable comme ses lunettes opaques du générique d’ouverture, cadrées sous tous les angles, le signalent dûment ; le caïd en chef (Depardieu) est un homme aux intentions troubles comme ses grosses lunettes en verre fumé l’assurent, ternissant l’éclat de son regard et lui mangeant les traits ; le père de Mesrine (Michel Duchaussoy) est un petit-bourgeois introverti comme l’exige sa petite monture plaqué sur des yeux assurément frileux ; Jeanne Schneider (Cécile de France) passe par une phase de séduction et de détermination, impeccables lunettes à rebords élégamment relevés vues de face, puis de peur et de renoncement à cette vie de cavale, lunettes légèrement tordues en discrète contre-plongée de trois quart ; le milliardaire qui emploie Mesrine et sa compagne avant d’un jour brutalement les renvoyer, regarde tantôt à travers, tantôt par-dessus ses lunettes, il développe à n’en pas douter un double langage, etc…

Dans ce cinéma sérieux comme un pape et plein de sous-entendus sociétaux et de saines colères citoyennes, il n’est pas bon de perdre son temps aux nuances. Un seul mot d’ordre : « dis-moi quelles lunettes tu portes, je te dirai dans quel monde on vit. »

15:35 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : mesrine, richet, l'instinct de mort | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

20/10/2008

REGARDE !

"Le cinéma dérange la vision. La vitesse des mouvements et la rapidité de la succession des images contraignent l’homme à une survision constante. Le regard ne s’empare pas des images, ce sont elles qui s’emparent du regard. Elles inondent la conscience. Le cinéma implique que l’œil qui jusque là était demeuré nu, revête l’uniforme. Si l'oeil est la fenêtre de l'âme, les films en sont les rideaux de fer." (Franz Kafka cité par Raymond Abellio, in L'esthétique de la fin des temps)

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Orange mécanique, de Stanely Kubrick
L'échelle de Jacob, d'Adrian Lyne
Opéra de Dario Argento
The Island, de Michael Bay
La Troisième Mère, de Dario Argento

15:00 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |

15/10/2008

LATERALISATION

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A gauche de l'écran, le point focal resplendit : il captive et engloutit, fascinant jusqu'à sa fin le personnage qui le contemple, puis perdant le spectateur dans son orbe sinistre, donnant au hors-champ éblouissant l'attrait passager du désir, avant que tout s'éteigne dans un chatoyant déséquilibre puisque le cinéma n'aime rien tant que déjouer l'harmonie, ses fictions asymétriques menant de toutes sortes de manières vers la mort, celle de ses protagonistes comme celle du regard.

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15:30 | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : sweeney todd, sunshine, nosferatu, burton, boyle, murnau | |  del.icio.us | |  Facebook | | Digg! Digg |