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C I N E M A T I Q U E - Page 25

  • D'UN ECUEIL L'AUTRE

    Au sein du mouvement surréaliste, le débat sur les pois sauteurs, apparemment anodin, est essentiel. Devant ces graines agitées de soubresauts inattendus, alors que Roger Caillois plaidait pour qu'on les coupe en deux afin de résoudre l'énigme, André Breton s'écria "surtout pas !", préférant en conserver le mystère.

    C'est là sans doute une illustration du conflit entre la mystique et la gnose, entre l'émerveillement de l'enfance et la rationalité de l'adulte, la magie et la technique, le romantisme et le positivisme : face au monde, à ses sortilèges et à ses stratagèmes, doit-on se laisser captiver, se laisser ravir, s'en remettre à l'extase ou au contraire se ressaisir, ne cultiver que l'enstase (selon le néologisme de Mircea Eliade). Faut-il laisser le Moi se fondre avec exaltation dans le Tout ou bien reconstruire le monde en soi ?

    Dans le regard que nous portons sur l'autre sexe ou sur une oeuvre d'art, la fascination crée la fois la souffrance de la sujétion et l'engouement poétique : nous dépendons de la femme ou du film dont nous refusons d'analyser les pouvoirs, mais dans le même temps nous jouissons de leur aura. A l'inverse, la distanciation s'oppose à la dépossession de soi mais également à l'émotion : les films disséqués comme les femmes comprises ne nous contraignent plus mais dans le même temps nous quittent irrémédiablement, le bonheur de leur rencontre est à jamais perdu.

    Il n'existe pas de juste milieu : dans le plaisir de l'emportement et le ravissement des sens, la contrainte est à son comble ; dans la joie de la maîtrise et la quête analytique, la solitude est définitive.

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  • MONTEE

    On peut considérer l'envol du jeune garçon à bicyclette, dans ces deux contes de pré-adolescence, comme l'apparition incontrôlée, inespérée, d'une érection enfin rendue possible par l'émotion, enfin activée par le psychisme et non plus les simples réflexes physiques.

    Cette montée inattendue répond enfin au désir amoureux (la jolie sorcière), signe l'attrait définitif et fascinant des arrière-mondes, des secrets inavouables, des mystères organiques (l'extra-terrestre). Elle marque surtout la fin de l'enfance, le passage du rêve involontaire aux fantasmes conscients, des hypothèses mouvantes au fait brut, solide, indiscutable (une érection ne se discute pas, disait Cocteau).

    "La fonction du pied humain, écrivait quant à lui Bataille dans Le gros orteil, consiste à donner une assise ferme à cette érection dont l'homme est si fier. Mais quel que soit le rôle joué dans l'érection par son pied, l'homme, qui a la tête légère, c'est-à-dire élevée vers le ciel et les choses du ciel, le regarde comme un crachat sous prétexte qu'il a ce pied dans la boue."

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  • PRISONNIER (3)

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    Le monde souterrain du Village en représente la face cachée, avec ses salles circulaires où tout se décide et s'observe, ses longs couloirs qui relient entre eux des réseaux et des hiérarchies, permettant plans et projets. Sa population inattendue, sensiblement différente des villageois qui déambulent en surface, est faite de fous hilares ou en larmes, comme de soldats robotisés agissant sans réfléchir. Ces éléments pourraient alors ne former rien d'autre que la métaphore d'un cerveau, avec sa traditionnelle tripartition : cognitive (la pensée), psychique (les émotions de l'âme) et physique (les instincts du corps). Dans ces conditions, savoir qui est le N°1 reviendrait à tenter de connaître, aux confins de la neurophysiologie et de la métaphysique, qui gouverne et qui pense, c'est-à-dire qui dit « Je » en soi. Y a t-il un esprit distinct du cerveau qui aurait pouvoir sur lui (de surveillance, de contrôle, d'organisation) ou ne sommes-nous que des automates conscients, agissant machinalement, sans libre-arbitre réel mais avec l'illusion d'une volonté entretenue par la conscience de soi ? Les épisodes surenchérissent sans fin sur le principe hiérarchique, du Professeur au Général, du sous-Comité au Comité, du Roi au Juge, des N°2 au N° 1, et le Village nous fait passer habilement de l'allégorie de toute une société à la mise en images de la psychologie d'un individu, avant d'aboutir aux conflits d'hypothèses sur le fonctionnement du cerveau humain.

    De la prodigieuse entreprise de Patrick McGoohan aux réflexions de Raymond Abellio, il n'y a, on l'aura compris, qu'un pas : pour se libérer des perceptions faussées de notre moi naïf (et ainsi du piège des sociétés faussement libératrices), il faut toujours qu'une partie de nous-mêmes s'extrait de la sphère sénaire (qualifiée de "structure absolue") qui règle tous nos actes et nos comportements, afin qu'émerge l'homme intérieur, le Je enfin délivré de l'ego, libre de toute immatriculation. "Je ne suis pas ce que j'ai l'impression d'être, énonce Arnaud Desjardins dans Dialogue à deux voies, je ne suis pas Pierre. Mais habituellement, je suis Pierre, je suis solide. La transparence de l'ego, c'est l'expérience que dans le " p ", dans le " i ", dans le " e ", dans les deux " r " et dans le " e " final, il n'y a pas quelqu'un. C'est l'expérience que ce à quoi je m'identifie - cette carte d'identité qui comprend un nom, une date de naissance, une certaine situation sociale, certaines adhésions intellectuelles - n'a qu'une réalité conventionnelle."

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  • PRISONNIER (2)

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    On ne sort pas du Village pour une raison bien simple : celui-ci est avant tout dans notre tête.
    Le dernier épisode (qui provoqua de la part des spectateurs un tollé spectaculaire et força Mc Goohan à l'exil) nous montre enfin le visage du N° 1 : celui du  Prisonnier lui-même.  Pas d'apparatchik communiste borgne et sadique, pas de patron de la CIA paranoïaque en roue libre, juste le visage hagard puis grimaçant de celui dont on avait vaillamment accompagné la lutte individuelle contre une société totalitaire.
    Ce village peut ainsi être compris comme une construction psychique, un paysage mental de l'agent prisonnier de ses ruminations, lui qui s'auto-interroge sans cesse sur ses motivations et sa dépendance vis-à-vis de toute une série d'attitudes psychologiques et de réflexes plus ou moins archaïques, que les divers personnages incarnent tour à tour. Le Village est ainsi un univers peuplé de tentations symboliques et de cycles de résolutions qui voit s'entrecroiser des idéal-types et diverses instances du Moi, diverses tendances psychologique aussi, de la paranoïa à la schizoïdie, de l'obsession à la dépression ou au narcissisme (flatté par des personnages féminins séduisants par leur faiblesse mais trahissant toujours).
    Le Numéro 6, le Moi se désirant autonome, reste conscient des divers masques qu'il prend, ces Moi(s) sociaux successifs, ces « personnalités », qu'il teste, entretient ou remplace. Il tient à dresser l'historique de ses liens, ceux qui l'attachent comme ceux qui l'enchaînent. C'est là que le N°6 souffre mais c'est aussi là qu'il se ressaisit, c'est là qu'il veille, quand le reste, l'amour et le libre-arbitre des actes ne sont qu'inconscience et mirages. C'est là, dans ses pensées ressassées et ses jeux de rôles exténuants qu'il se crée et s'affronte. Et ce depuis toujours.
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    A suivre...

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  • PRISONNIER (1)

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     Le Prisonnier est une série télévisée anglaise tournée à la fin des années 60, devant beaucoup à l'acteur Patrick Mc Goohan, décédé en ce début d'année, qui en a assuré l'interprétation mais surtout l'a en grande partie inventée, produite, scénarisée et parfois même filmée. Aujourd'hui encore personne ne s'est accordé sur le sens final à donner à cette oeuvre qui décrit en apparence la lutte d'un agent secret démissionnaire pour s'échapper d'un village-prison où il a été conduit après avoir été drogué. Désigné comme le « numéro 6 », il aura toujours affaire au numéro 2 (celui-ci changeant à chaque épisode) qui cherche à lui soutirer des renseignements. Est-il aux mains des services secrets britanniques qui tentent d'en savoir plus sur les motifs de sa démission ou est-il entre les mains d'agents de l'Est ? Pour le savoir, il faudrait connaître l'identité du n° 1. L'évasion est impossible et l'invariable générique de fin montre le visage buté de Mac Goohan derrière des barreaux violemment refermés. Il ne faut pas longtemps pour réaliser que derrière ce banal synopsis de récit d'espionnage se cache une satire de notre monde, aussi bien celui dit libre que celui de la société soviétique puisque comme le dit l'un des  N°2, le Village est « un modèle parfait d'ordre du monde ; quand les deux camps qui se font face réaliseront qu'ils se regardent dans un miroir, ils verront alors que c'était un projet d'avenir ». Et c'est ainsi que de manière prophétique, Mc Goohan décrit au mot près le nouvel ordre mondial qui prendra toute sa mesure les décennies suivantes. 

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    Au Village, on ne compte plus les occasions de s'amuser. La joie se décrète, si bien qu'il faut toujours se préparer pour le prochain bal, le futur Festival, le Carnaval tout proche, le Concours d'art imminent, la partie d'échecs à pions humains ou les élections qui sont tout autant l'occasion de grands raouts. Au Village, la fête est toujours à son comble et le loisir un art de vivre qui justifie les habits chatoyants, les canotiers et les parapluies colorés que l'on étrenne en permanence. Il s'agit (comme des sbires en intiment l'ordre en plein bal) de ne pas s'arrêter de danser, et de comprendre le sens des panneaux d'information qui engagent à marcher sur l'herbe des squares ; comme il est également recommandé de se baigner dans les fontaines. C'est qu 'il faut avoir un corps sain, libéré de toute entrave, préalable à l'esprit clair, c'est-à-dire débarrassé des zones d'ombres, de tout ce que l'on cache encore malgré les caméras et les micros dissimulés absolument partout. Le Village est attentif, c'est une société où chacun vis-à-vis d'autrui est toujours aux écoutes, et ceux qui se taisent sont accusés ensemble, presque d'un même cri, de « rebelle » et de « réactionnaire », l'injure interchangeable des sociétés de progrès et de transparence. Vertigineuse mise en abyme pour qui découvre aujourd'hui ce propos, en pleine globalisation, en plein règne de Festivus Festivus ! D'ailleurs à la fin de la série, une fois Londres regagnée au terme du dix-septième épisode, la porte de l'appartement s'ouvrira toute seule comme celles du Village, dont il semble bien que l'on ne sorte jamais.

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    A suivre...

    (article paru dans le numéro 131 de la revue Eléments)

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  • LOUPS

    Le lien de ce vendredi, c'est, chez Pierre Cormary, le point de vue acerbe signé Michel Segal sur le film d'animation Pierre et le loup, qui tranche, c'est le moins qu'on puisse dire, avec les louanges de la critique à l'égard d'une oeuvre qui est surtout un symptôme éloquent du renversement bienveillant et salutaire des valeurs du monde d'avant.

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  • CONTESTATION

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    "Nous vivons ici et maintenant dans le monde transformé qui s’est révélé à cette époque-là, et c’est contre son esprit même, devenu également totalitaire, qu’il conviendrait d’avoir quelque chose à dire, ou plutôt quelque chose à filmer..." (La suite sur Kinok)
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  • HONTE

    Quand on compare le traitement politico-artistico-médiatique de l'affaire Roman Polanski avec celui de l'affaire Jean-Claude Brisseau, quand surtout on en compare les faits, c'est-à-dire en matière de justice le seul paramètre qui devrait être pris en compte, on ne peut il me semble que ressentir un profond dégoût.

    le lien du vendredi, c'est alors cette remarquable note de Maitre Eolas qui n'hésite pas à tenir ces propos peu consensuels : "Je trouve honteux d’entendre des artistes qui il y a quelques semaines vouaient aux gémonies les téléchargeurs et approuvaient toute législation répressive et faisant bon cas de droits constitutionnels pour sanctionner le téléchargement illégal de leurs œuvres crier au scandale quand c’est à un des leurs qu’on entend appliquer la loi dans toute sa rigueur. Quand on sait que pas mal de téléchargeurs ont dans les treize ans, on en tire l’impression que les mineurs ne sont bons à leurs yeux qu’à cracher leur argent de poche et leur servir d’objet sexuel."

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  • UTOPIE

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    "Aveuglément : telle est la seule façon élégante d'aimer. Quel reproche peut atteindre celui qui se voue discrètement et totalement à quelqu'un, quel reproche peut atteindre celui qui en est l'objet ? Destination aveugle, tel est le sens des rêves, en idées, en amour."
    *
    "La fin des utopies serait celle des utopies masculines, laissant la place désormais aux utopies féminines. Mais y a-t-il des utopies féminines ? C'est l'homme, naïf, qui sécrète des utopies, l'une d'elles étant justement la femme. Celle-ci, étant une utopie vivante, n'a pas besoin d'en produire. De même, elle n'a que peu de raisons d'être fétichiste, étant elle-même le fétiche idéal."
    (Jean Baudrillard, Cool memories II)
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  • FIXE

    Il suffit parfois d'un plan pour sauver un film, d'un plan également pour en ruiner les prétentions et en dénuder les fils blancs.

    Dans The Wrestler de Darren Aronofsky, la caméra en mouvement incessant prend toujours soin de cadrer Mickey Rourke dans le champ, celui qu'il ouvre par sa démarche empressée ou désabusée, comme par son regard inquiet ou admiratif ; celui qu'il va bientôt fermer, de déception, de rage ou de (rare) quiétude. Il s'agit de filmer les péripéties de ce personnage de la même manière que l'on représente un match, où Rourke se trouve ainsi, avec systématisme, toujours à l'origine d'une relation (avec des objets, des lieux, des individus) ou au contraire la subissant. C'est ainsi son point de vue exclusif qui est donné en permanence au spectateur, nouvelle manière de filmer en caméra subjectif sans renoncer au corps du sujet, ce corps en mouvement perpétuel tout autant commandé par la puissance de sa musculature que par la fébrilité de son regard.

    Mais sous l'apparence d'un enregistrement neutre, s'en remettant aux émotions et aux gestes du personnage pour inquiéter, attrister, enthousiasmer, il s'agit bien d'une manipulation parmi d'autres, visant à figer le héros sous le flux de scènes qui caracolent, à le déterminer une fois pour toutes. Ce ne sont pas tant les deux séquences où il n'apparaît pas qui posent problème (le retour en bus de sa fille ; la dernière exhibition de la strip-teaseuse) car elles sont toutes deux interrompues d'une manière qui laissent penser que ces deux personnages féminins n'avaient que le catcheur en tête, qu'elles n'étaient donc agies que par la volonté et les affects de celui-ci (la jeune fille n'est pas plus surprise que cela de le trouver devant sa porte, la strip-teaseuse interrompt son numéro pour aller le rejoindre en catastrophe), mais bien un bref plan fixe injustifié par la méthode de narration que nous venons de résumer.

    Lors de la seconde rencontre de Rourke avec sa fille, lorsqu'elle accepte de l'accompagner, les deux personnages sont filmés de loin, assis et se regardant, et ce silence comme cette immobilité contemplés ostensiblement, volés en quelque sorte puis jetés en pâture, trahissent bien ce qui se cachait (mal) derrière la frénésie des corps et des sentiments secoués en tous sens, derrière toutes ces images qui ne nous étaient montrées que si et seulement si Rourke nous le permettait : le désir du cinéaste d'emprisonner sa marionnette dans la démonstration (les années 80 sont un refuge mortifère)et de ne jamais l'autoriser, malgré sa précipitation et ses successives velléités, à en sortir.

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  • Nabe le Béni

    Marc-Edouard Nabe est irritant.

    Il réussit le tour de force d'être à la fois un symptôme de la fin (de l'Histoire, de la Littérature, du Spectacle, de la Modernité) et la preuve (par 28) qu'il est encore possible de faire de l'art avec tout ce qui a été saccagé.

    Nabe agace par certaines de ses postures, mais enchante par tant de phrases, qu'il est impossible de s'en défaire d'un haussement d'épaules, comme d'un quelconque Bisiou ou d'une Darrieussecq parmi d'autres.

    Mystique incontrôlable, fasciné définitif, poète bouleversant, son équivalent cinématographique serait quelqu'un de la trempe de Jean-Claude Brisseau.

    Le lien du vendredi c'est son tout nouveau site, où l'on peut lire parmi les textes en ligne, cet extrait qui dit tout :

    "Salons, médias, journaux: écrivains partout, littérature nulle part. Paul Léautaud disait déjà que "quiconque reçoit un prix littéraire est déshonoré." Ce n'est pas assez. Aujourd'hui il est temps de dire fort que quiconque se prétendant "écrivain" accepte de publier un livre dans le système éditorial actuel est encore plus déshonoré. Et même que quiconque achète un seul de ces livres est déshonoré lui aussi ! La littérature sert à ça."

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  • OUI-NON

    Sous le relativisme généralisée, le dualisme le plus totalitaire continue d'entretenir ses lignes de démarcation.

    Ce n'est pas parce qu'une même lumière tendre et jamais crue, éclaire à l'identique les perles et les cochons, l'or et le laiton, Perec et Benchetrit, Eustache et Honoré, Mozart et Mozart, que les ténèbres n'existent plus. Celles-ci, également, recouvrent de la même indignité le lâche et le héros, le créateur et le suiveur, le roi et le traître.

    Jamais en somme les exaltés binaires, tout en dévotion ou en imprécations, n'ont été aussi bien en cour, applaudissant à tout rompre, huant à pleins poumons, sans souci hiérarchique ni nuance.

    Le oui est franc et massif (peu importe que l'acquiescement tout azimuth en nie la capacité d'offrande), le non tout aussi clairement exprimé (tant pis si les refus incessants, complaisants, sans mesure, entrave toute capacité réelle de résistance), le passage de l'un à l'autre fortuit, mouvant, aléatoire.

    "Que votre oui soit un vrai oui, que votre non soit un vrai non", dit la commune parole évangélique, et la modernité s'est empressée d'y développer son manichéisme systématique, constuit sur le sable des prinicipes dévalués et des opinions reines.

    "C'est le non qui brûle en enfer" affirme au contraire l'intempestive parole de Maître Eckhart, et la neutralité apparente est alors la meilleure façon de s'opposer au monde de ceux qui ont des avis sur tout, refusant avec mépris la moindre complémentarité aux contraires, des flèches et des coeurs plein les poches.

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  • ECRITURE

    "Pour écrire agréablement, jamais peut-être les jeunes Français ne furent plus doués. Ils n'ont qu'un défaut : ils sont jeunes, ils n'ont rien à dire ; alors ils soupirent."

    Voilà tout à fait le genre de considérations ( la phrase est de Chardonne) que Pierre Driout pourrait coucher sur le papier, ou plutôt inscrire sur son remarquable journal en ligne, souvent méchant, et souvent juste.
    Le lien du vendredi, c'est donc la lecture du "Parti de mon Innocence", où l'on peut par exemple dénicher ceci : "Toute société mérite d'être détruite, sinon elle n'existe réellement pas. Bien entendu c'est par l'esprit qu'on doit l'annihiler ... je n'entends pas user de moyens grossiers pour parvenir à mes fins."

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  • SEQUELLES

    La post-modernité ne propose plus que deux types de cinéma.

    Celui qui prétend innover alors qu'il recycle ; celui qui ignore qu'il détruit pensant qu'il restaure.

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